Les termites sont des insectes sociaux appartenant à l’infra-ordre des isoptères. On peut les assimiler à des « blattes sociales » puisqu’elles sont l’aboutissement d’une évolution de leurs ancêtres, des blattes xylophages (mangeuses de bois) qui vivaient il y a approximativement 200 millions d’années, ce qui en fait les plus anciens insectes sociaux connus. Souvent appelés « fourmis blanches », les termites ne sont en fait que des cousins très éloignés des vraies fourmis. Leur style de vie en colonie est apparu indépendamment de celui développé chez d’autres insectes sociaux comme les fourmis, les abeilles et les guêpes.

Il existe plus de 3 100 espèces de termites dans le monde entier, mais le Canada n’en abrite que quelques-unes : le termite à cou étroit (Zootermopsis angusticollis), le termite crépusculaire (Reticulitermes hesperus) et le termite à pattes jaunes (Reticulitermes flavipes).

Les termites se nourrissant principalement de cellulose – un des principaux composants des végétaux tels que le bois – ils détruisent de nombreux produits en bois tels que les charpentes des, maisons et les poteaux électriques. Ils sont donc souvent considérés comme des nuisibles.

Morphologie

La plupart des termites sont pâles et cireux, mesurent 5 à 15 mm de long et possèdent de courtes antennes effilées, des pattes courtes et un corps cylindrique ou légèrement aplati. Au-delà de ces caractéristiques générales, chaque caste de termite (ouvriers, soldats et reproducteurs) varie légèrement sur le plan de la morphologie. Les ouvriers ont un corps mou et pâle et possèdent des mandibules leur permettant de mastiquer tandis que les soldats sont plus gros et plus sombres, avec une tête plus allongée et plus dure. Les soldats de la plupart des espèces possèdent de longues mâchoires recourbées qu’ils utilisent comme des armes. Certains possèdent de longs museaux d’où ils peuvent éjecter des substances chimiques défensives. Les ouvriers et les soldats n’ont pas d’ailes, tandis que les reproducteurs possèdent quatre longues ailes de formes similaires. Les termites se séparent de leurs ailes une fois trouvé leur partenaire. Dans la plupart des cas, les termites n’ont que de petits yeux ou en sont complètement dépourvus. De nombreuses espèces de termites possèdent un pore sur le front par lequel ils peuvent excréter des phéromones ou des substances chimiques défensives.

Distribution et habitat

Les termites se rencontrent principalement dans les régions tropicales et la plus grande diversité d’espèces est observée en Afrique de l’Ouest tropicale ainsi que dans les forêts humides de l’Amérique du Sud et de l’Asie du Sud-Est. Ces insectes peuvent vivre sous terre dans des habitats humides, ou à la surface, dans des habitats secs. De nombreuses espèces construisent des monticules – les termitières – qui peuvent s’élever jusqu’à neuf mètres au-dessus du sol. Les espèces souterraines, comme celles rencontrées au Canada, ne construisent pas de termitières. On les trouve habituellement dans du bois enterré ou en contact avec le sol.

Le Canada possède deux espèces indigènes et une espèce établie. Ces trois espèces sont généralement rencontrées dans les structures et les environnements aménagés par l’homme. Deux de ces espèces sont indigènes de la Colombie-Britannique : le termite à cou étroit du Pacifique (Zootermopsis angusticollis) infeste principalement le bois mort humide, tandis que le termite crépusculaire (Reticulitermes hesperus) est considéré comme le termite le plus nuisible de la région. Le termite à pattes jaunes (Reticulitermes flavipes) se rencontre dans de nombreuses zones densément peuplées de l’est du Canada et il est connu pour être responsable des plus gros dommages jamais infligés par des termites au Canada et aux États-Unis. On pense qu’il a été introduit par l’intermédiaire de navires à Toronto, quelque part entre 1935 et 1938.

D’autres espèces sont parfois identifiées dans certaines infestations locales au Canada : deux petites colonies de Cryptotermes brevis ont ainsi été trouvées en Colombie-Britannique, l’une infestant une caisse en bois importée du Pérou (à Port McNeill, en Colombie-Britannique), une autre infestant un morceau de carton à Vancouver. Une grande colonie d’Incisitermes minor a également été trouvée en 1989 dans une maison infestée de Toronto. Au moins deux autres espèces ont été trouvées au Canada : Cryptotermes domesticus et Cryptotermes dudleyi.

Colonies

Tous les termites sont sociaux et forment des colonies abritant des castes différenciées. La plupart des espèces ont trois castes : les ouvriers, les soldats et les reproducteurs. Cela s’applique à toutes les espèces de termites canadiennes, mais la complexité des colonies varie d’une espèce à l’autre. Les colonies sont fondées par deux reproducteurs primordiaux (souvent appelés la « reine » et le « roi »), qui prennent soin du nid et nourrissent leur progéniture jusqu’à ce que les ouvriers soient suffisamment nombreux pour qu’ils puissent assumer ces tâches. Les ouvriers constituent le gros de chaque colonie et ils doivent notamment s’occuper de la construction du nid, de sa réparation, de la recherche de nourriture ainsi que de l’alimentation et des soins prodigués aux larves. Les soldats sont responsables de la défense de la colonie. Comme les ouvriers, ils sont stériles.

Les termites se toilettent réciproquement et se livrent à la « trophallaxie proctodéale », c’est-à-dire au transfert de matières fécales d’un individu à l’autre. Ces comportements ont deux conséquences très importantes. La première concerne la structure de la colonie : les castes sont régulées et entretenues par les hormones et les phéromones répandues dans la colonie par les reproducteurs et les soldats lors des activités de toilettage mutuel et de trophallaxie. La seconde conséquence porte sur le régime des termites, qui est principalement constitué de cellulose, un sucre végétal très robuste que la plupart des animaux sont incapables de digérer. Les termites ne digèrent pas directement la cellulose, mais possèdent des microbes intestinaux symbiotiques qui s’en chargent. Ces microbes symbiotiques étant perdus lors de chaque mue (une étape récurrente nécessaire à la croissance des termites), l’échange constant de matières fécales entre les individus permet de faire en sorte que tous les individus de la colonie restent en mesure de digérer leur nourriture.

Reproduction et développement

Lorsque la colonie atteint sa maturité (ce qui peut prendre jusqu’à 10 ans), de nouveaux reproducteurs sont produits au moins une fois par an par ses fondateurs qui, pour ce faire, exposent les insectes nouvellement nés à des phéromones appropriées. Un grand nombre de reproducteurs ailés émergent alors de ses colonies matures et forment des essaims nuptiaux au sein desquels les mâles et les femelles forment des couples, se séparent de leurs ailes puis cherchent un site de nidification approprié où ils créeront une nouvelle colonie. Le couple royal fondateur reste uni pour la vie et la femelle est habituellement beaucoup plus grosse que le mâle, car elle est pleine d’œufs. Les termites subissent une métamorphose incomplète. Les jeunes immatures ressemblent ainsi fortement aux adultes et sont par conséquent actifs au sein de la colonie. Contrairement aux colonies d’abeilles, de guêpes ou de fourmis — au sein desquelles les ouvrières et les soldats sont exclusivement des femelles provenant d’œufs fertilisés et les mâles reproducteurs des individus provenant d’œufs non fertilisés —, les castes des ouvriers et des soldats stériles chez les termites comprennent aussi bien des mâles que des femelles et tous les individus proviennent d’œufs fertilisés.

Écologie

Les termites se nourrissent principalement de cellulose, un composant essentiel du bois et d’autres matériaux entrant dans la composition des végétaux. Ce sont d’importants décomposeurs, puisqu’ils convertissent les arbres morts et les billes tombées à terre en substances utilisables par les autres plantes, tout en aérant et en mélangeant le sol. Les termites sont particulièrement nombreux et importants sur le plan écologique dans les zones tropicales, où leurs colonies couvrent un tiers de la surface du sol et recyclent jusqu’à un tiers de l’ensemble de la matière végétale à travers leurs intestins. À l’échelle mondiale, la masse totale de l’ensemble des termites est égale à presque trois fois la masse totale de tous les humains. Tout comme les vaches, qui s’appuient également sur des microbes symbiotiques pour digérer la cellulose, les termites produisent du méthane comme sous-produit de leur digestion. Par conséquent, les termites contribuent de manière importante aux concentrations atmosphériques de ce gaz à effet de serre (voir Changement climatique). Les termites attaquent principalement le bois mort,, mais ils peuvent aussi causer des dommages considérables aux arbustes ligneux et aux arbres vivants.

De nombreuses espèces de termite partagent leurs termitières avec d’autres arthropodes tels que des coléoptères ou des mouches. Ces insectes ont évolué conjointement au contact de leurs hôtes, les termites, et jouissent aujourd’hui avec ces dernières d’une entente mutuellement bénéfique. Certaines espèces tropicales entretiennent des jardins de champignons. En Afrique de l’Est, ces termites forment les plus grandes colonies connues, qui peuvent avoir jusqu’à 100 ans.

Interaction avec les humains

Les termites provoquent des dommages économiques importants dans les environnements humains. Le commerce international du bois fait que 28 espèces de termites sont aujourd’hui considérées comme invasives dans différentes parties du monde. Les termites endommagent et détruisent divers produits d’origine végétale tels que les charpentes, les poteaux électriques, les poteaux de clôture, les meubles, les livres, les tissus, etc. Au Canada, le termite le plus nuisible et le termite à pattes jaunes, Reticuliterme flavipes, qui infeste le bois en contact avec le sol (le sol procure à la colonie de termites l’humidité dont elle a besoin). Les termites peuvent également construire des tunnels de boue en surface pour atteindre du bois à proximité. Les infestations par R. flavipes se répandent lentement et leur présence est trahie au tout début du printemps par les essaims de reproducteurs. Les infestations peuvent être évitées en concevant des structures dont les composantes en bois sont séparées du sol et des éléments, ou en appliquant des traitements chimiques directement au bois ou au sol (les poteaux de clôture et les poteaux électriques sont souvent prétraités à l’aide de pesticides). Les termites peuvent également être combattus à l’aide d’appâts qui contiennent des poisons qui tuent leurs microbes intestinaux symbiotiques ou sont rapportés dans la colonie où ils sont dispersés lors des toilettages mutuels et de la trophallaxie. Contrairement à leurs cousins de l’Est, les colonies de termites crépusculaires, Reticulitermes hesperus, peuvent vivre dans du bois sans contact avec le sol, tant que la colonie a suffisamment d’humidité et de nourriture pour survivre.