On utilise souvent le terme « toundra alpine » pour désigner les zones situées au‑dessus de la limite forestière dans les régions montagneuses. Il ne faut toutefois pas confondre « toundra alpine » et « toundra arctique »; ces deux régions, bien que partageant certaines similitudes, présentent en effet d’importantes différences.

Caractéristiques

L’environnement de la toundra est largement dominé par le pergélisol. Sauf sous certains lacs et certaines rivières, cette couche gelée peut s’étendre de quelques mètres à environ 1 500 mètres de profondeur. La région présente des étés courts durant lesquels il fait presque toujours jour, de longs hivers sans soleil appelés « nuit polaire » et un faible niveau de précipitations annuelles lui ayant valu le surnom de « désert polaire » (voir également Cercle polaire). En hiver, des vents violents soufflent sur la toundra qui subit de nombreux blizzards. La région se caractérise également par sa végétation éparse.

On trouve des zones de toundra sur toute la planète. Depuis le pôle Nord, elles s’étendent à travers l’Antarctique, ceinturant le Canada, les États‑Unis, le Groenland, la Norvège et la Russie. L’écosystème de la toundra est toutefois également présent dans les régions en haute altitude du sud du Chili, des Kings Canyon de Californie et de l’Himalaya.

Faune et flore

De nombreuses plantes et de nombreux animaux, représentant 2 % de l’ensemble de la flore et de la faune mondiale, vivent dans les températures froides de la toundra. Bien que ce chiffre puisse paraître faible eu égard à l’immensité de la surface de la Terre concernée, la diversité des espèces parmi certains végétaux est plus élevée dans la toundra que dans les écosystèmes boréaux et tempérés pourtant plus chauds. Les bactéries et les champignons jouent également un rôle important dans l’écosystème de la toundra.

Des plantes telles que les lichens, les mousses, les graminées et les petits arbustes y sont souvent pérennes et sont dotées de courts cycles de reproduction. Le vent se montre plutôt efficace pour disperser leurs graines, permettant à certaines espèces de se multiplier par reproduction asexuée.

Les végétaux de la toundra, robustes et résistants, ont mis au point de nombreux moyens de survie et d’adaptation. Leur faible taille leur permet d’exploiter au mieux le climat favorable prévalant au niveau du sol, tandis que leurs petites feuilles coriaces les protègent du dessèchement en emprisonnant l’humidité.

De nombreuses espèces animales, mammifères, oiseaux et poissons, vivent dans la toundra pendant l’été, mais migrent vers des lieux plus chauds à la recherche de nourriture chaque automne (voir Animaux de l’Arctique). Toutefois, toutes ne quittent pas la région en hiver (voir Animaux en hiver) : les renards, les lièvres, les ours polaires, les phoques annelés et des oiseaux comme le labbe à longue queue demeurent dans la toundra pendant la saison froide.

Aux côtés de 3 300 différents types d’insectes de l’Arctique, on trouve dans la toundra plus de 75 espèces de mammifères, 240 espèces d’oiseaux, 5 espèces d’amphibiens et 2 espèces de reptiles.

Activité humaine

Les humains vivent sur les terres de la toundra nord‑américaine depuis environ 14 000 ans. Les premiers chasseurs‑cueilleurs, venus de l’extrême ouest de l’Eurasie, ont traversé le détroit de Béring, alors asséché, pour pénétrer dans ce qui est aujourd’hui l’Alaska (voir Béringie). Leur croissance démographique, s’appuyant sur la chasse des grands mammifères à l’aide d’outils sophistiqués taillés dans la pierre, leur a permis de se répandre dans tout l’Arctique et dans le reste du continent.

Aujourd’hui, plus de 100 000 personnes vivent dans la toundra arctique canadienne, la grande majorité d’entre elles appartenant aux Premières Nations, aux Inuits et aux Métis (voir Peuples autochtones de l’Arctique au Canada). L’ensemble de la région se métamorphose rapidement sous l’impulsion des évolutions économiques induites par l’exploitation des ressources naturelles, des transformations démographiques au sein de ces populations et du changement climatique.

L’élévation du niveau de la mer et le réchauffement atmosphérique menacent de réduire la taille de la toundra canadienne. La hausse des températures est à l’origine de la migration vers des climats plus froids, plus au nord ou à des altitudes plus élevées, de nombreux arbres et de nombreuses espèces animales. Si ce scénario se poursuit, certaines espèces actuelles de la toundra subiront de fortes pressions pour s’adapter à de nouvelles espèces autrefois inconnues dans ces paysages.