« Tsimshians » (nom qui signifie « peuple de la rivière Skeena ») désigne habituellement les peuples autochtones de la côte nord-ouest du Pacifique qui parlent l’une des langues tsimshianes. Les communautés tsimshianes se trouvent à Terrace et à Prince Rupert (en Colombie-Britannique), ainsi que dans le sud de l’Alaska. En 1988, le Conseil tribal de Tsimshian, représentant sept des bandes tsimshianes, entame un processus de négociation avec le gouvernement de la Colombie-Britannique. Les peuples tsimshians poursuivent leurs efforts visant à obtenir l’autonomie gouvernementale, ainsi que la protection de leurs droits territoriaux, économiques et politiques.

Langues tsimshianes

« Tsimshian » (qui signifie « peuple de la rivière Skeena ») est un terme général qui s’applique à tous les groupes autochtones du nord de la Colombie-Britannique qui parlent les langues de la famille linguistique tsimshiane. La langue tsimshiane peut être divisée en quatre dialectes : le tsimshian du nord, que l’on trouve le long du cours inférieur de la rivière Skeena; le Nisga’a, le long de la rivière Nass; le Gitksan, parlé en amont de la rivière Skeena; le tsimshian du sud, ou de la côte, que l’on trouve entre le sud de la rivière Skeena et la côte (voir aussi Langues autochtones au Canada).

Le tsimshian du sud, ou de la côte, que l’on appelle parfois le « tsimshian » proprement dit, est parlé par des bandes du cours inférieur de la Skeena, depuis le canyon Kitselas et le Kitsumkalum (près de Terrace) et la côte sud adjacente jusqu’à Milbanke Sound, incluant Port Simpson, Metlakatla (dans la région de Prince Rupert), Kitkatla, ainsi que les baies de Hartley et de Kitasu. En 2011, un recensement de Statistique Canada indique que 1 815 personnes au Canada parlent l’un des quatre dialectes tsimshians.

Culture et société

Les Tsimshians, aux côtés des Tlingits de l’Alaska, de la Colombie-Britannique et du Yukon, ainsi que des Haïdas de Haida Gwaii, habitent la région culturelle de la côte nord-ouest, caractérisée par ses sculptures autochtones (telles que les totems) et ses cérémonies traditionnelles, dont le potlatch. Fiers de leur héritage, les Tsimshians continuent de pratiquer certaines coutumes rituelles; ils célèbrent notamment des prises de nom, des mariages, des divorces, des adoptions et des funérailles en organisant des cérémonies, auxquelles est conviée toute la communauté. Si peu de Tsimshians pratiquent de nos jours le trappage traditionnel, la pêche demeure une partie importante de leur économie.

À l’origine, la société tshimshiane est matrilinéaire : la descendance s’établit par le lignage maternel. Elle est également fondée sur un système de clans, ou de « moitié ». Chaque Tsimshian se réclame d’une appartenance à l’une des quatre phratries (représentées par des tribus, ou totems) : la Grenouille ou la Corneille, le Loup, l’Aigle, l’Épaulard ou l’Épilobe. Les Tsimshians appartiennent donc à la phratrie de leur mère et, traditionnellement, épousent quelqu’un (on privilégiait autrefois les unions entre cousins) issu d’une phratrie différente. Héréditaires, les titres de noblesse traditionnels sont encore détenus par des hommes comme par des femmes pour les besoins des différentes cérémonies.

Contacts avec les Européens

En 1862, le missionnaire anglican William Duncan fonde la colonie chrétienne de Metlakatla (en Colombie-Britannique). Environ 350 Tsimshians de Port Simpson se joignent à lui à Metlakatla. En 1887, c’est aux côtés d’environ 825 Tsimshians de Metlakatla que William Duncan bâtit la communauté de « New » Metakatla, près de Ketchikan, en Alaska.

Des fouilles archéologiques menées dans le havre de Prince Rupert ont permis de déterrer les restes de maisons en planches de cèdre, vieux de 5 000 ans. À la lumière de ces découvertes, les Tsimshians sont considérés comme ayant l’un des plus anciens héritages culturels des Amériques. On croit également que les bandes tsimshianes seraient apparentées aux peuples pénutiens de l’Oregon et de la Californie.

Négociations des traités

Pour parlementer avec le gouvernement de Colombie-Britannique et avec le fédéral, les Tsimshians créent en 1988 le Conseil tribal de Tsimshian, représentant sept des bandes : Kitselas, Kitsumkalum, Gitga’at, Kitasoo, Metlakatla, Lax Kw’alaams et Gitxa’ala (voir Revendications territoriales des Autochtones). En 1991, le Conseil tribal de Tsimshian intègre officiellement le processus de négociation des traités du gouvernement britanno-colombien. Les négociations stagnent pendant que l’on débat d’un accord de principe. En 1997, le cadre pour une négociation de traité exhaustive est établi entre les sept bandes d’origine et le gouvernement de Colombie-Britannique.

En 2004, un nouveau conseil de négociation, la Tsimshian First Nations Treaty Society (TFN), remplace le Conseil tribal de Tsimshian et représente cinq des sept bandes membres originales. Il prend part au processus de négociations de traités britanno-colombien, et comprend la Nation Gitga’at, la bande Kitasoo-Xai’xais, la bande Kitselas, la bande Kitsumkalum et la Première Nation Metlakatla. La TFN travaille pour obtenir l’autonomie gouvernementale, ainsi que pour la protection des droits territoriaux, économiques et politiques de son peuple.