Victoria, reine du Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d’Irlande et impératrice des Indes (née le 24 mai 1819 au palais de Kensington, à Londres; décédée le 22 janvier 1901 à Osborne House, île de Wight).

La reine Victoria hérite du trône à l’âge de 18 ans, après le décès de son oncle, Guillaume IV, en 1837. Fervente impérialiste, elle accorde énormément d’importance à ses sujets coloniaux. La reine Victoria est en faveur de la Confédération, et son influence a un effet rassembleur sur les provinces du Canada. Si la reine ne se rend jamais au Canada, cinq de ses neuf enfants en viennent à le visiter, et nombre de bâtiments publics, de rues, de communautés et de points d’intérêt du pays sont nommés en son honneur.

Famille

La future reine Victoria est le seul enfant issu de l’union du prince Édouard, duc de Kent et Strathearn (1767-1820), quatrième fils du roi George III, et de la princesse Victoire de Saxe-Cobourg-Saalfeld (1786-1861). Édouard est le premier membre de la famille royale à résider au Canada pendant une période prolongée. Il passe les années 1790 dans les villes de Québecet d’Halifax, où non seulement il contribue au renforcement des défenses de l’Amérique du Nord britannique, mais est également nommé commandant en chef des forces britanniques d’Amérique du Nord. L’Île-du-Prince-Édouard est baptisée en son honneur. En 1817, après la mort de sa nièce, la princesse Charlotte, Édouard se marie. Il a alors 50 ans. Son mariage est motivé par la nécessitéd’éviter que la lignée royale s’éteigne après le décès de Charlotte. Victoire, d’une vingtaine d’années la cadette d’Édouard, est la veuve du prince Charles de Leiningen. Deux enfants, Charles et Feodora, sont issus de son premier mariage.

Jeunesse

Le 24 juin 1819, Victoria est baptisée Alexandrina Victoria en l’honneur de son parrain, le tsar Alexandre Ier de Russie,et de sa mère. Son père succombe à une pneumonie avant le premier anniversaire de naissance de Victoria. Sous la tutelle de sa mère, elle grandit au palais de Kensington, à Londres. Victoire désapprouve les frères d’Édouard, qui ont une réputation de joueurs et de coureurs de jupons. La jeune Victoria côtoie ainsi peu la famille royale. Parexemple, on ne lui permet pas d’assister au couronnement de son oncle et prédécesseur, Guillaume IV,en 1830. Éduquéeà la maison, Victoria est connue comme étant entêtée et dotée d’une volonté à toute épreuve.

Accession au trône

Victoria devient reine à la mort de Guillaume IV, le 20 juin 1837. L’accession au trône dumonarque de 18 ans, dont la respectabilité est en net contraste avec la réputation de ses oncles George IV et Guillaume IV, provoque l’enthousiasme populaire. Assistant au couronnement à l’abbaye de Westminster le 28 juin 1838, le chroniqueur sir Charles Greville écrit : « Ce qui fait son charme et la rend si attachante, c’est cette remarquable combinaison de naïveté, de bonté, de tempérament naturel et d’un sens de la bienséance et de la dignité ». Après l’isolement de son enfance, Victoria prend plaisir à occuper ses nouvelles fonctions et participe avec joie aux bals de la cour et autres manifestations mondaines.

Victoria accède au trône quelques mois avant le déclenchement desRébellions de 1837-1838 dans le Haut et le Bas-Canada. Le 22 décembre 1837, la reine écrit dans son journal :« Les nouvelles en provenance du Canada sont, je regrette de l’écrire, très mauvaises. Il s’agit là de rumeurs et de rapports publiés dans les journaux, car nous n’avons aucun rapport officiel. Mais[le premier ministre] lord Melbourne espère que la situation n’est pas aussi grave que l’impression qui se dégage des rumeurs. Nous faisons bel et bien face à une rébellion active. » En l’honneur de son couronnement, la reine accorde l’amnistie aux rebelles du Haut et du Bas-Canada (voir Loi d’amnistie).

Mariage

Le 15 octobre 1839, la reineVictoria se propose en mariage à son cousin, le prince Albert de Saxe-Cobourg-Gotha. Le10 février 1840, ils se marientau palais St. James. Arborant une robe blanche en satin et dentelle, Victoria lance la mode des robes de mariée blanches qui se poursuit jusqu’à ce jour. Profondément amoureusede son mari, Victoria écrit dans son journal au moment de son mariage : « Sa beauté, sa douceur et sa gentillesse – je ne serai jamais assez reconnaissante d’avoir un tel mari! »

Pendant les premières années de leur mariage, Victoria empêche Albert de se mêler de ses fonctions de souveraine, une prise de position qui provoque le ressentiment d’Albert. À mesure que leur mariage progresse, Victoria devient de plus en plus dépendante d’Albert,lequel en vient à jouir d’une influence politique et culturelle. Ilconseille Victoria quant aux documents d’État, rédige sa correspondance et procède à la réforme des finances royales. En 1851 au Crystal Palace de Londres, Albertpréside à la Grande Exposition, qui met en valeur le commerce britannique et international et sert d’inspiration à des expositions semblables aux quatre coins du monde. Il se voit conférer le titre deprince consort en 1857, bien que sir Charles Greville remarque à l’époque qu’« il est roi en pratique. »

Enfants

La reine Victoria a neuf enfants : Victoria (1840-1901), Albert Édouard, le futur Édouard VII (1841-1910), Alice (1843-1878), Alfred (1844-1900), Helena (1846-1923), Louise (1848 -1939), Arthur (1850-1942), Leopold (1853-1884) et Beatrice (1857-1944). Le Prince Albert se trouve dans la salle d’accouchement pour toutes les naissances tandis que les ministres du gouvernement et les membres du clergé sont réunis dans la chambre voisine. Albert est probablement le premier père de la famille royale à être présent pour la naissance de ses enfants. Les traditions actuelles des baptêmes royaux, dont l’emploi des fonts baptismaux en forme de lis et d’une robe à dentelle Honiton, trouvent leur origine dans le baptême des enfants de Victoria.

En exigeant l’emploi de chloroforme pour la naissance de Léopold et de Béatrice, Victoria popularise l’anesthésie lors des accouchements, une intervention médicale à l’époque controversée. Les jeunes enfants ne suscitent en elle que peu d’intérêt, écrivant qu’« un bébé laid est immonde, et même les plus beaux d’entre eux sont repoussants lorsqu’ils sont nus ». Albert assume un rôle plus actif dans l’éducation des enfants. Victoria devient toutefois plus proche de ses enfantsà mesure qu’ils vieillissent. L’image publique de la famille royale se conforme aux idéaux de domesticité du monde anglo-saxon du XIXe siècle. Les images de Victoria, Albert et leurs enfants célébrant Noël et passant des vacances en famille influencent les grands courants de l’art d’être parents.

Les quatre fils de Victoria passent tous du temps au Canada. En 1860, Édouard VII, futur roi, entreprend une tournée de l’Amérique du Nord britannique et des États-Unis couronnée de succès et établissant des précédents pour les futures visites royales, dont la rencontre de Canadiens issus de divers milieux et communautés et la présentation de cultures locales. Alfred effectue un séjour de cinq semaines dans les Maritimes en 1861, tandis qu’en 1869-1870, Arthur passe un an avec la Brigade des fusiliers, basée à Montréal. À titre de duc de Connaught, Arthur séjourne à nouveau au Canada de 1911 à 1916, cette fois comme gouverneur général. La fille de Victoria,Louise, est consort vice-royale du Canada de 1878 à 1883, période au cours de laquelle son mari, le marquis de Lorne, est gouverneur général, le quatrième depuis le début de la Confédération. Leopold rend visite à Louise à Ottawa. Ensemble, ils se rendent aux chutes Niagara. Au cours de leur séjour au pays, Louise et Lorne procèdent à la fondation de la Galerie nationale du Canada et de l’Académie royale des arts du Canada en 1880, ainsi que de la Société royale du Canada en 1882.

Veuvage

Le 14 décembre 1861, Prince Albert rend l’âme au château de Windsor, victime d’une fièvre typhoïde ou de la maladie de Crohn. Dévastée, Victoria entame une longue période d’isolementau cours de laquelleelle refuse de s’acquitter de la plupart de ses fonctions publiques. Le public est d’abord sympathique. La réticence de Victoria à se remettre à faire des apparitions publiques fréquentes ou encore à déléguer des responsabilités à son fils aîné finit par faire l’objet de critiques, tout en nourrissant le sentiment républicain. En 1872, Victoria recouvre sa popularité en Grande-Bretagne lorsqu’elle accepte de prendre part à un service public d’action de grâces à la cathédrale St. Paul, après qu’Édouard VII ait failli succomber à la typhoïde. Au Canada, une journée d’action degrâces est célébrée en l’honneur de la guérison de l’héritier du trône. La popularité de Victoria ne se dément jamais au Canada au cours de son veuvage. Les Canadiens, n’ayant jamais été graciés de sa visite, ne sont pas témoins du changement dans ses apparitions publiques. Victoria est veuve pendant quatre décennies, et son image la plus connue du public, celle de la « veuve de Windsor » dans laquelle elle est vêtue d’une simple robe noire et d’un bonnet blanc, est également celle qui demeure la plus populaire de nos jours.

Influence politique

À titre de monarque constitutionnel, la reine Victoria doit s’élever au-dessus de la politique. Elle ne cache toutefois pas sa partialité à l’endroit de certains premiers ministres britanniques. William Lamb, 2e vicomte de Melbourne, fait figure d’autorité paternelle et de mentor au cours des premières années du règne de Victoria. Plus tard au cours de son règne, elle favorise le premier ministre Benjamin Disraeli, qui l’alimente en croustillantes anecdotes politiques, aux dépens du premier ministre William Ewart Gladstone, plus réservé, dont elle se plaint qu’il la « traite comme si [elle était] une réunion publique ».

Les convictions et les priorités politiques de Victoria évoluent après la mort d’Albert. Au cours des vingt années de sonmariage avec Albert, elle partage l’engagement de ce dernier envers des réformes intérieures dont la réduction des tarifs et la lutte au travail des enfants par l’entremise de la hausse de l’âge minimum d’emploi. Devenue veuve, elle se fait ardente impérialiste et met en valeur son rôle de « mère » de l’Empire britannique.

La Confédération canadienne

En 1864, lorsque les délégués de la province du Canada, afin de participer à la Conférence de Charlottetown, mettent les voiles vers l’Île-du-Prince-Édouard, le fait qu’ils le font à bord du paquebot Queen Victoria est on ne peut plus approprié. Lors de la conférence, les délégués canadiens saisissent l’occasion de proposer l’union de l’Amérique du Nord britannique aux colonies de l’Atlantique. Victoria apporte son soutien à l’établissement du Dominion du Canada, réunissant des personnalités politiques des colonies nord-américaines britanniques en faisant appel à leur attachement commun à la Couronne. Elle est largement connue comme la « Mère de la Confédération », estimant qu’une Confédération réduirait les coûts de défense, tout en renforçant les relations avec les États-Unis. « Je suis entièrement en faveur de la Confédération », déclare Victoria à une délégation néo-écossaise à Londres, « car je crois qu’elle fera la grandeur et la prospérité des provinces ». En 1857, Victoria choisit Ottawa, alors une ville d’exploitation forestière peu connue dénommée Bytown, comme capitale du Canada. Elle choisit Ottawa à nouveau comme capitale du Dominion en 1867, étant donné que la ville est à l’abri de potentielles invasions américaines, se trouvant sur la frontière entre le Canada anglais et français.

Victoria rencontre John A. Macdonald et quatre délégués canadiens en février 1867, à l’occasion de l’adoption de l’Acte de l’Amérique du Nord britannique par le Parlement britannique. Macdonald se souvient ensuite que Victoria lui déclare : « Je suis très heureuse de vous voir accomplir cette mission. […]Voilà un jalon important qui fait foi de votre loyauté sans faille ». Macdonald invite Victoria à assister à la toute premièresession du Parlement à Ottawa le 1er juillet, mais elle ne peut s’y rendre.

La mère de l’Empire britannique

On estime qu’un cinquième de la superficie terrestre du monde fait partie de l’Empire britannique et de ses dominions sous le règne de Victoria, de quoi soutenirl’expression voulant que le soleil ne se couche jamais sur l’Empire britannique. Durant les dernières décennies du règne de Victoria, son rôle de « mère » de l’Empire britannique devient un élément central de son image. Elle devient d’ailleurs impératrice des Indes à la suggestion de Benjamin Disraeli en 1877.

Bien qu’elle ne s’aventure jamais au-delà des frontières de l’Europe, Victoire met de l’avant sa relation personnelle avec les peuples indigènes des quatre coins du monde. Au Canada, des traités sont conclus entre les Premières Nations et la Couronne, personnifiée par la « grand-mère ». L’expansion du Canada vers l’ouest entraîne l’élargissement de l’empire de Victoria. Les visites royales des enfants de Victoria dans l’Ouest canadien représentent l’occasion pour elle d’affirmer sa relation personnelle avec ses sujets. Le gendre de Victoria, ord Lorne, est accueilli comme un « grand beau-frère » par les communautés des Premières nationslors de son voyage dans les Prairies en 1881.

L’auteur canadien Charles Dent écrit en 1880 qu’« au Canada, la loyauté n’a nullement dégénéré en un faible sentiment d’opportunisme. De long en large du pays, le nom de la reine Victoria fait l’objetd’une affection et d’une vénération dont personne d’autre ne peut se targuer ».

La grand-mère de l’Europe

Les enfants et les petits-enfants de Victoria se joignent par alliance aux maisons royales d’Europe, menant à d’étroits liens entre les monarchies européennes en 1914, au moment où éclate la Première Guerre mondiale. De ses petites-filles on dénombre cinq épouses royales : l’impératrice Alexandra de Russie, la reine Marie de Roumanie, la reine Maud de Norvège,la reine Sophie de Grèce, et la reine Victoria Eugenia d’Espagne. Son petit-fils aîné devient Guillaume II, kaiser d’Allemagne. Les mariages des descendants de Victoria contribuent à répandre les pratiques culturelles britanniques et l’influence politique de la Grande-Bretagne à travers l’Europe. Le fils cadet de Victoria, Leopold, souffre d’hémophilie, un trouble sanguin dont héritent les hommes issus de la branche féminine de la lignée. L’hémophilie devient connue sous le nom de « maladie royale », se répandant parmi les descendants de Victoria au sein des maisons régnantes d’Allemagne, d’Espagne et de Russie.

Jubilés

Victoria est le premier monarque britannique à célébrer un jubilé d’or puis de diamant, marquant respectivement les 50e et 60e anniversaires de son accession au trône. Cesjubilés sont soulignés aux quatre coins de l’Empire britannique, y compris au Canada, lorsde l’action de grâces. Le jubilé d’or de 1887dresse le portrait de Victoria dans le rôle de « grand-mère » de l’Europe et voit la participation de membres de familles royales de l’ensemble du continent. Les premiers ministres des dix provinces autonomes d’outremer, en plus de celui du Canada, se rassemblent à Londres pour le jubilé d’or. Ils prennent part à ce qui de fait constitue la toute première conférence du Commonwealth, un précurseur des réunions modernes des chefs de gouvernement des pays du Commonwealth.

Le jubilé de diamant de 1897 souligne le rôle de Victoria à la tête de l’Empire et du Dominion britanniques. Cinq par cinq, la cavalerie canadienne parade à la tête de la procession coloniale. Le premier ministre sir Wilfrid Laurier, sacré chevalier le matin même par la reine, suit dans une voiture. Les membres des Grenadiers de Toronto et des Royal Canadian Highlanders sont également de la parade. Dans le message personnel qu’elle destine au Canada à l’occasion de son jubilé de diamant, Victoria déclare :« De tout mon cœur, je remercie monpeuple chéri. Que Dieule bénisse ». Le cadeau du Canada à Victoria à l’occasion du jubilé de diamant prend la forme de la créationdes Infirmières de l’Ordre de Victoria. Le jubilé de diamant a également une influence profonde sur la culture populaire canadienne. De nouvelles chansons sont dédiées à la reine, tandis que des bâtiments sont nommés en son honneur.

Fin de vie

À sa mort en 1901, Victoria se distingue par le règne le plus long des monarques britanniques, un record battu le 9 septembre 2015 par la reine Elizabeth II. Jusqu’à la toute fin, l’engagement de Victoria vis-à-vis l’Empire britannique ne se démentira jamais, suivant de près la Guerre des Boers. Entourée de sa famille, elle rend l’âme à Osborne House sur l’île de Wight. Sa mort marque la fin d’une époque. Le gouvernement canadien fait de la fête de Victoria, célébrée depuis 1845 en l’honneur de l’anniversaire de la reine, un jour férié permanent en mémoire de son rôle de « Mère de la Confédération ».

Sites canadiens nommés en l’honneur de la reine Victoria

Au Canada, nombre de villes, villages, bâtiments publics, institutions, parcs, places, rues et points d’intérêt sont nommés en l’honneur de la reine Victoria et de ses divers titres : reine, impératrice, Victoria, Regina. Des explorateurs, cartographes et administrateurs ont conféré le nom de Victoria à une multitude de lieux géographiques disséminés dans l’ensemble du Canada. Aucun autre individu n’a sans doute vu son nom honoré aussi souvent au Canada.

Victoria College (qui fait maintenant partie de l’Université de Toronto) etl ’Université Queen’s de Kingston en Ontario sont nommés pendant le règne de la reine, tout comme l’Hôpital Royal Victoria de Montréal. L’Hôpital général Victoria de Winnipeg, érigé en 1911, est également nommé en sa mémoire.

L’endroit le plus connu nommé en l’honneur de la reine est Victoria, ville occupant la pointe sud de l’île de Vancouver. En 1843, la Compagnie de la Baie d’Hudson (HBC) décide de nommer son nouveau fort surplombant le détroit de Juan de Fuca en l’honneur de la reine, bien que la population locale préfère l’appellation de Fort Albert. Londresémet toutefois un message insistant strictement sur l’emploi de Fort Victoria. Lesite de la ville de Victoria est établi en 1851-1852. En 1868, la ville en expansion est nommée capitale de la colonie de la Colombie-Britannique (elle-même baptisée par la reine Victoria).

La province del’Alberta se dote également d’une Victoria, au nord-est d’Edmonton, à l’emplacement où George McDougall établit une mission, en 1862, et où la Compagnie de la Baie d’Hudson ouvre un poste de traite, deux ans plus tard. Pour éviter toute confusion avec d’autres Victorias, en 1887 cette petite communauté est renommée Pakan, d’après le surnom d’un chefcri.

Le village d’Empress, au nord-est de Medicine Hat, est ainsi nommé en 1913 en commémoration du titre d’impératrice que le Parlement britannique confère à la reine en 1877. En 1882, le marquis de Lorne et son épouse, la princesse Louise (la fille de la reine), veulent donner le nom de Victoria à la capitale des Territoires du Nord-Ouest, mais ils choisissent plutôt la deuxième moitié de son titre latin, Regina. En 1905,la ville est désignée capitale de la province nouvellement formée de la Saskatchewan. Le Manitoba dispose d’une municipalité rurale et d’un lac du nom de Victoria, ainsi que d’une municipalité appelée Victoria Beach.

Nul besoin d’aller bien loin en Ontario pour tomber sur Victoria Corners, Victoria Square, Victoria Harbour, Victoria Springs, le lac Victoria ou tout simplement Victoria. Les lieux-dits inspirés de Victoria sont moins nombreux au Québec, quoique la deuxième plus grande ville du Canada portant son nom s’y trouve. Victoriaville, qui comptait plus de 44 313 personnesen 2013, a été nommée en l’honneur de la reine en 1861. Septpoints d’intérêt au Québec portent également le nom Victoria, dont le Grand-Lac-Victoria en amont de la rivière des Outaouais, au sud de Val-d’Or.

Les Provinces de l’Atlantique ont de nombreuxlieux et points d’intérêt nommés en l’honneur de Victoria. Parmi ceux-ci, citons un comté au Nouveau-Brunswick et un autre en Nouvelle-Écosse. Victoria est également un charmant village côtier de l’Île-du-Prince-Édouard, qui abrite également des endroits appelés Victoria Cross et Victoria West. Terre-Neuve-et-Labrador comprend quant à elle la petite ville de Victoria. Comptant près de 2 000 habitants, elle se trouve sur la côte ouest de la baie de la Conception.

Les territoires contiennent l’île Victoria, la seconde en superficie de l’archipel Arctique (après l’île de Baffin), ainsi que les monts Victoria et Albert sur l’île d’Ellesmere. (Voir aussi Toponymie.)