Videodrome

  Max Renn (James Woods) est copropriétaire de Civic TV, qui diffuse des émissions pornographiques. Il ne peut plus se passer de l'émission Vidéodrome, un film snuff sur lequel son technicien est tombé « par hasard ». Renn commence à avoir des hallucinations de violence, de sexe et de meurtres. On découvre que les signaux contenus dans l'émission causent des tumeurs cérébrales. Elles font partie d'un projet tertiaire de Spectacular Vision, une entreprise qui fabrique des missiles intelligents d'une valeur de plusieurs millions de dollars pour l'OTAN et qui distribue en même temps des lunettes bon marché aux pays du tiers monde. Cronenberg excelle avec ce film sérieux, sensuel et dérangeant, qu'il s'agisse des ondes souterraines de Vidéodrome ou de l'alimentation spirituelle (électronique) que fournit la Mission des rayons cathodiques aux épaves humaines dans leurs cubicules privés.

Vidéodrome constitue une réflexion sur le sadomasochisme, la violence et le plaisir à notre époque, une réflexion qui a commencé avec le scénario original de Cronenberg, intitulé Network of Blood, et s'est prolongée jusqu'au dernier jour du tournage (Cronenberg n'a pas cessé de modifier le scénario). Avec Vidéodrome, il a pu préciser sa pensée : selon lui, la création artistique est dangereuse puisqu'elle implique l'exploration de la vie intérieure, sans égard questions politiques. Pour Cronenberg, l'autocensure est incompatible avec la création artistique. Produit avec un budget de moins de 6 millions de dollars (dont 500 000 ont été consacrés aux effets spéciaux conçus par Rick Baker) le film est tourné à Toronto en deux mois. Le 4 février 1983, un an après la fin du tournage, il est présenté dans 600 salles partout en Amérique du Nord. Il figure en tête des recettes perçues à la caisse durant la première semaine, puis disparaît de l'affiche.

Avec Vidéodrome, Cronenberg remporte le premier de trois prix Génie de la meilleure réalisation. Il existe plusieurs versions du film, notamment une version épurée vendue par l'entremise d'un numéro sans frais. Universal Home Video vend une version vidéo et vidéodisque non cotée « montée par le réalisateur ».

Voir aussiLONG MÉTRAGE canadien.