Windsor (Ontario)

Windsor, ville la plus méridionale du Canada; pop. 210 891 (recens. 2011), 216 473 (recens. 2006), const. en 1892. Windsor est située en bordure de la RIVIÈRE DÉTROIT à l'extrême sud-ouest de la province. Elle se trouve directement au sud de Detroit, dans la riche péninsule agricole située entre les lacs ÉRIÉ et SAINTE-CLAIRE, et est chaque année la porte d'entrée de millions de visiteurs au Canada.

Windsor a grandi en fusionnant avec une série de municipalités le long de la rivière Détroit et du lac Sainte-Claire, et en s'étendant vers l'intérieur des terres au sud. Sa région métropolitaine de recensement comprend aujourd'hui les villes de Tecumseh, d'Essex et de LAKESHORE, le village de St. Clair Beach, et les cantons de Sandwich West, de South Maidstone, de Rochester et de Colchester North.

Peuplement

Des missionnaires jésuites et des explorateurs français explorent la région au XVIIe siècle. Une colonie permanente s'y établit à la suite de la fondation de Detroit par Cadillac. En 1749, les premières terres sont concédées. Dans les années 1780, des LOYALISTES de langue anglaise viennent s'ajouter aux colons français. Vers 1820, l'introduction de bateaux à vapeur sur le lac Érié, l'ouverture du canal Érié et du CANAL WELLAND ainsi que le service régulier de transport du courrier en provenance de l'est encouragent la colonisation vers l'ouest. La liaison par traversier avec Detroit mène à la formation d'un hameau à proximité de l'embarcadère, connu successivement sous les noms de The Ferry, de Richmond et de South Detroit. En 1836, la communauté s'entend avec les associations loyaliste et britannique locales pour lui donner le nom de Windsor.

Développement

Le village est officiellement constitué en 1854, au moment de l'arrivée de la GREAT WESTERN RAILWAY, et acquiert le statut de ville quatre ans plus tard. Au départ, des obstacles y entravent le commerce international et les déplacements, tel l'écartement des rails, qui n'est pas le même qu'aux États-Unis. Cependant, à compter des années 1860, la standardisation des écartements et la mise en service d'énormes traversiers pouvant transporter des trains entiers permettent aux marchandises et aux voyageurs de traverser directement la rivière. À cette époque, Windsor est aussi devenue un centre de services pour toute la région agricole avoisinante. En 1910, le réseau ferroviaire est parachevé avec l'ouverture d'un tunnel sous la rivière.

L'activité industrielle commence en amont, à Walkerville (const. 1890), une ville de compagnie construite par Hiram WALKER autour de sa distillerie. En 1904, la Ford Motor Co. of Canada s'établit juste à l'est de la distillerie et crée l'industrie qui deviendra plus tard le moteur économique de la région. Durant tout le début du XXe siècle, Ford, General Motors, Chrysler et de nombreux constructeurs d'automobiles et de pièces oubliés depuis longtemps contribuent à faire de la région la « capitale de l'automobile de l'Empire britannique ».

Grâce aux centaines de compagnies américaines qui profitent des politiques douanières avantageuses, la région connaît une prospérité et un optimisme inégalés. La nouvelle ère de l'automobile est couronnée par l'inauguration du pont Ambassador en 1929, le plus long pont suspendu entre deux pays au monde, et du tunnel Detroit-Windsor en 1930, alors le seul tunnel routier international au monde.

Paysage urbain

Le mode français de division des terres favorise l'échelonnement de la colonisation le long de la rivière Detroit. Au fil du temps, des villages naissent (Sandwich) ou se regroupent autour d'un lieu d'activité comme le quai d'un traversier (Windsor), une distillerie (Walkerville) ou une usine de construction d'automobiles (Ford City). La transformation de l'assise industrielle par l'industrie de l'automobile entraîne une croissance rapide de la population et accroît les demandes visant à administrer la région métropolitaine comme une seule entité.

Des plans de zonage, l'embellissement des berges et d'autres aménagements urbains sont mis de côté au profit de ceux dont la priorité consiste à reconstruire l'assiette fiscale de la ville et à créer des emplois. Ce développement à tout prix, dépourvu de vision, se traduit par un constat décevant en ce qui a trait à l'aménagement des rives, mais la communauté a tiré la leçon de ses erreurs. De nos jours, elle manifeste un engagement accru envers les berges et leur protection.

Population

De 21 000 en 1908, la population était passée à 105 000 en 1928. Cette augmentation est presque entièrement attribuable à l'offre d'emplois au sein de l'industrie de l'automobile. Les travailleurs sont jeunes, et ce sont surtout des hommes, dont un fort pourcentage d'étrangers. Les possibilités d'emploi à Detroit constituent un autre attrait. En 1927, plus de 15 000 résidants de Windsor y travaillent. Pendant la CRISE DES ANNÉES 30, le chômage touche 30 p. 100 de sa population active, l'immigration s'interrompt et des habitants quittent la région.

La production de matériel de guerre pendant la Deuxième Guerre mondiale et la demande d'automobiles dans l'après-guerre engendrent l'amélioration de l'emploi et l'accroissement de la population, mais, de 1953 à 1962, le nombre des travailleurs de l'automobile diminue de près de moitié. En 1965, à la suite d'une importante annexion territoriale et de la signature du Pacte de l'automobile, le chômage est en baisse, l'on accueille un flux constant d'immigrants de divers pays. Parmi eux, les ITALIENS forment le groupe le plus important de l'après-guerre, mais le nombre d'Asiatiques s'accroît depuis quelque temps. Un peu plus de la moitié de la population est catholique.

Les politiques fédérales sur le bilinguisme officiel et le biculturalisme, appuyées par les politiques ontariennes en matière d'éducation, revigorent la culture française en déclin. Désignée district officiellement bilingue, Windsor est desservie par la radio et la télévision françaises, ainsi que par l'École secondaire l'Essor, une école de langue française.

Économie et main-d'oeuvre

Windsor est le cinquième plus important centre manufacturier du Canada. Depuis sa création, l'industrie de l'automobile donne le ton en ce qui a trait à la structure des salaires et de l'emploi dans la région. Chrylser, Ford et General Motors continuent à investir massivement à Windsor, ce qui augure bien pour son avenir. Chrysler, dont le siège social se trouve à Windsor, est le plus important employeur de la ville. Les secteurs de la construction, des transports, du commerce et des services emploient également une main-d'oeuvre considérable. L'industrie de l'alimentation et des boissons s'occupe surtout de la transformation de produits agricoles régionaux. L'entreprise la plus connue dans ce domaine est la Hiram Walker and Sons Ltd., qui fabrique le whisky Canadian Club. Windsor est aussi l'un des centres ontariens du tourisme et des congrès.

Transports

Située au coeur de l'Amérique du Nord, Windsor est un centre des transports et le port d'entrée le plus achalandé au Canada. Elle est servie par cinq réseaux ferroviaires, quatre autoroutes provinciales ainsi que l'autoroute Macdonald-Cartier (401), qui la relie à Toronto et à Montréal. Port en eau profonde situé presque au centre de la VOIE MARITIME DU SAINT-LAURENT, elle compte aussi l'Aéroport international de Windsor.

Administration et politique

Au début du XXe siècle, cette communauté frontalière est balayée par un vent de réforme municipale provenant du Canada et des États-Unis et fait l'expérience des élections générales, de la diminution du nombre de quartiers et de conseillers, ainsi que de l'administration par commission.

L'entrée des syndicats dans la politique municipale survient en 1918, lorsque la section locale du Congrès des métiers et du travail propose une liste de candidats qui remporte le tiers des sièges au conseil. Bien que l'activisme syndical décline durant la période prospère des années 20, il atteint son apogée en 1935 lors de l'élection de George Bennett, un syndicaliste et membre de la Co-operative Commonwealth Federation (CCF), mais l'euphorie est de courte durée. À Windsor, l'influence des syndicats est contrecarrée par deux maires libéraux remarquables, David Croll et Arthur Réaume, qui dominent la politique locale de 1930 à 1954.

La crise économique des années 50 marque un retour en force des réformateurs structurels, qui instituent un gouvernement d'administrateurs municipaux. On rétablit, en 1979, un système de quartiers très politisé pour répondre aux critiques selon lesquelles l' « intérêt municipal » est insensible aux préoccupations des groupes locaux et des communautés de voisinage. Actuellement, on compte cinq quartiers et dix conseillers élus pour trois ans.

Vie culturelle

La renommée de Windsor comme centre artistique est de plus en plus reconnue. L'Art Gallery of Windsor atteint aujourd'hui une envergure nationale. Le Cleary Auditorium and Convention Centre est le principal centre artistique de la ville et abrite le Windsor Symphony et le Windsor Light Opera. Le patrimoine architectural varié comprend le Hiram Walker Historical Museum, le Mackenzie Hall et le Willistead Manor.

L'enseignement supérieur à Windsor débute en 1857 par la fondation de l'Assumption College. Celui-ci devient l'UNIVERSITÉ DE WINDSOR (const. en 1962), une institution non confessionnelle et subventionnée par la province. Le St. Clair College of Applied Arts and Technology, fondé en 1967, poursuit la tradition instaurée au début du siècle par F.P. Gavin, un pionnier de l'enseignement technique.

Le Windsor-Detroit International Freedom Festival souligne les liens particuliers qui unissent ces deux villes frontalières. Cette semaine d'activités et de manifestations communes culmine dans un gigantesque feu d'artifice sur la rivière Détroit. Windsor possède un quotidien important, le Windsor Star, propriété de la chaîne Southam.