L’origine du nom Yukon remonte au mot gwich’in Yu-kun-ah qui signifie « grande rivière » et qui fait référence au fleuve Yukon. Situé dans le nord-ouest du Canada et isolé par des montagnes accidentées, le Yukon est délimité à l’ouest par l’Alaska, au sud par la Colombie-Britannique et à l’est par les Territoires du Nord-Ouest. On l’associe historiquement avec la grande ruée vers l’or du Klondike.

Territoire et ressources naturelles

Sur le plan géographique, la majeure partie du Yukon se compose d’un plateau subarctique parsemé de montagnes. La principale exception est la plaine côtière de l’Arctique, le prolongement plus étroit vers l’est d’une région de l’Alaska, qui débute aux monts Britanniques pour descendre progressivement jusqu’à la mer de Beaufort.

Géologie
Le Yukon se trouve dans l’extrême Nord de la région de la Cordillère. Sa géologie complexe comporte néanmoins trois zones parallèles orientées selon un axe nord-ouest-sud-est. À l’est, des plissements sédimentaires du paléozoïque et du mésozoïque se découpent nettement de la vallée du Mackenzie par de grandes failles. La zone centrale se compose de roches sédimentaires, métamorphiques et volcaniques qui remontent à des époques allant du précambrien au mésozoïque. Quant à la zone Ouest, elle est essentiellement constituée de formations massives de roches plutoniques du mésozoïque et de granites du tertiaire.

Topographie

À la structure géologique du Yukon correspond une subdivision géomorphologique semblable en plateaux et en régions montagneuses qui se poursuivent tous vers l’ouest jusqu’en Alaska. Ces grandes régions géomorphologiques comprennent toutefois des variations considérables. Ainsi, le haut plateau du Yukon, au centre, dont l’altitude moyenne est de 1200 m, est fréquemment entrecoupé localement de régions montagneuses et de profondes vallées, ces dernières étant d’ailleurs souvent alignées de façon remarquable du nord-ouest au sud-est, conformément à la structure générale. Dans le Nord, les monts Ogilvie, hauts de 2400 m, se dressent entre le haut plateau du centre et le plateau de Porcupine, bordé au nord par le mont Britannique et à l’est par le mont Richardson.

À l’est, le plateau du Yukon est limité par les monts Selwyn et les monts Mackenzie. Au sud, une zone de basses terres près du 60e parallèle le sépare des régions montagneuses du Nord de la Colombie-Britannique. Dans le sud-ouest du Yukon, les spectaculaires monts St. Elias et la chaîne Côtière Le mont Logan (5959 m) est le point culminant du Canada et la deuxième plus haute montagne en Amérique du Nord. Plusieurs de ces monts, couverts d’une vaste couche de glace permanente, comportent les plus grands champs de glace non polaires en Amérique du Nord et coupent d’une manière frappante tout accès direct à l’océan Pacifique malgré sa relative proximité.

Hydrographie

Plus de 65 pour cent du territoire est drainé par le réseau hydrographique du fleuve Yukon, y compris le bassin de la rivière Porcupine, au nord des monts Ogilvie. Les deux grandes exceptions sont la rivière Peel, qui draine un bas plateau dans le Nord-Est, et la rivière Liard, qui occupe les basses plaines du Sud-Est. Ces deux rivières se jettent dans le fleuve Mackenzie, à l’est. Le cours supérieur des tributaires du Yukon incluent de lacs glaciaires allongés bordant le versant est des monts St. Elias. Il y a plus de 600 km de lacs interreliés dans la région.

Une grande partie du Yukon, dans le Nord et le Nord-Ouest, n’a jamais été recouverte par les nappes glaciaires du pléistocène malgré sa haute latitude. Le pergélisol est continu au nord de la rivière Porcupine et discontinu mais répandu dans le reste du territoire. Comme dans les Territoires du Nord‑Ouest, cette dernière caractéristique se traduit par un équilibre biotique fragile et pose des problèmes pour la construction et le transport terrestre.

Végétation

Le territoire au Yukon est sous la limite forestière à l’exception de la plaine côtière de l’Arctique et des montagnes plus hautes. La forêt boréale couvre 57 % du territoire et la végétation est classée comme étant subarctique et alpine. Les principales essences commerciales sont l’épinette blanche et le pin tordu latifolié. La saison estivale étant courte, les arbres poussent lentement et produisent du bois robuste d’une grande qualité. La région au sud de Dawson est assez bien boisée, plus particulièrement dans les vallées fluviales avec la meilleure position dans les secteurs humides de l’Est comme la vallée de la rivière Liard. La région est aussi caractérisée par la diversité des plantes indigènes qui y poussent. On y retrouve exemple plus de 200 espèces de fleurs sauvages. Bien que peu d’espèces de plantes étrangères soient introduites et puissent fleurir dans ces conditions climatiques extrêmes, la question des plantes envahissantes est une préoccupation dans la région.

Climat

Le climat du Yukon est continental, car ses remparts de montagnes lui coupent en grande partie l’exposition directe aux effets modérateurs du Pacifique. Les hivers sont froids : la région détient le record absolu de basse température au Canada (- 62,8 °C), enregistré à Snag, au nord-ouest du lac Kluane, en février 1947. Par moments, l’air du Pacifique s’infiltre dans les secteurs du Sud-Ouest, ce qui produit de courts intervalles de températures douces.

Les étés sont souvent très chauds, mais l’air frais de l’Arctique peut s’avancer jusque dans le Sud. C’est le 14 juin 1969 à Mayo qu’on a enregistré la température la plus élevée de 31,1°C au Yukon.Les précipitations sont généralement faibles, car les hautes montagnes du Sud-Ouest bloquent les fronts d’air humide.

Ressources naturelles

Depuis des milliers d’années, et encore de nos jours, les Autochtones du Yukon tirent leur subsistance du gros gibier, des animaux à fourrure, des oiseaux et des poissons, surtout dans les localités isolées telles que Old Crow. Les ressources fauniques, administrées par le gouvernement territorial, sont aussi précieuses pour les autres résidants et les touristes, spécialement pour les chasseurs de gros gibier. Le Yukon compte une des plus grandes populations de grizzlis et de mouflons de Dall de l’Amérique du Nord. La population de caribous frôle les 250 000 bêtes, celle des orignaux est estimée à 70 000 et il y a environ 22 000 chèvres de montagne. Autrement dit, il y a plus de caribous et deux fois plus d’orignaux que de gens vivant sur le territoire.

Le Yukon constitue un habitat vital pour les oiseaux migrateurs comme les cygnes trompettes et pour les oiseaux de proie. La harde de caribous de la porcupine migre entre l’Alaska, le Yukon et les Territoires du Nord-Ouest. Le saumon du Pacifique remonte le fleuve Yukon et ses affluents depuis Norton Sound, en Alaska.

Les minéraux tels que l’or, le zinc, le plomb et l’argent demeurent les principales ressources non renouvelables du Territoire. Par le passé, l’isolement et le relief accidenté du Yukon ont rendu difficile la mise en valeur de ses ressources minières, mais aujourd’hui le Territoire dispose d’un réseau routier étendu qui donne accès à la mer à longueur d’année. Des programmes d’aide gouvernementale stimulent l’exploration et l’exploitation minières.

Préservation

Les attraits historiques et les paysages spectaculaires du Yukon sont des ressources touristiques majeures. Le parc national Kluane, dans le Sud-Ouest, comprend la plus haute montagne du Canada, le mont Logan, et une partie de ce qui est désigné comme le plus grand champ de glace non polaire du monde à l’extérieur de l’Arctique et de l’Antarctique. Le premier parc territorial du Yukon est créé en 1987 dans l’île Herschel et renferme des sites archéologiques des premiers Autochtones et des artefacts datant de l’époque de la chasse à la baleine. Les sources thermales « Coal River Springs », aménagées trois ans plus tard, surplombent une magnifique série de terrasses de calcaire.

parc national Ivvavik, créé en juillet 1984 dans le cadre des revendications territoriales des Inuvialuits, vise à protéger l’habitat vital de la harde de caribous de la Porcupine et de certaines espèces d’oiseaux migrateurs. Les caribous et d’autres populations d’animaux sauvages de la région sont des sources de subsistance essentielles pour les Autochtones du Nord. Le parc national Vuntut, situé au nord d’Ivvavik, est créé en 1993 dans le but de protéger le reste de l’habitat des caribous de la Porcupine et celui des caribous de la toundra.

En 1985, les gouvernements fédéral et territorial concluent une entente sur la gestion de la harde de caribous de la Porcupine. Deux ans plus tard, le Canada et les États-Unis signent un traité international sur la protection de la harde. Cependant, aux États-Unis, les pressions se font de plus en plus pressantes pour que le gouvernement attribue des concessions pour l’exploitation pétrolière et de gaz naturel à l’intérieur des aires de mise bas des caribous, dans la réserve faunique nationale de l’Arctique, en Alaska. Au Canada, 12 organismes gouvernementaux et du secteur privé voient au bien-être de la harde de caribous de la Porcupine.

Démographie

En 1901, le premier recensement à fournir des données sur le Yukon est rendu disponible. À ce moment, la population du territoire est de 27 219. Après la ruée vers l’or du Klondike, celle-ci passe à 8 512 en 1911. La population continue de décliner et passe à 4 157 en 1921. Elle ne connaîtra d’augmentation significative qu’après la Deuxième Guerre mondiale. Il faudra attendre jusqu’en 1991 pour voir la population du territoire dépasser le nombre enregistré en 1901. En 2011, la population du Yukon est de 33 897, ce qui représente une hausse de 12 % par rapport à 2006.

Le recensement de 2011 dénombre 33 897 habitants au Yukon, ce qui représente une baisse de 6,8 pour cent par rapport au niveau de 1996, qui est toutefois atteint de nouveau en 2004.

Centres urbains

En 2011, 77 % de la population habite à Whitehorse, la capitale du territoire, avec seulement 23 % (7 869) habitant ailleurs sur le territoire. L’origine du nom Whitehorse (population : 26 028, recens. 2011) découle du fait que les rapides du fleuve adjacent, le fleuve Yukon, ressemblent à la crinière d’un cheval. Située sur le territoire traditionnel de la Première nation Kwanlin Dün et du Conseil des Ta’an Kwäch’an, la ville de Whitehorse est le carrefour du transport, du commerce et des services pour le territoire. Dawson quant à elle est située sur le territoire traditionnel des Tr’ondëk Hwëch’in et tire son nom d’un géologiste du gouvernement canadien, Dr George Dawson. La ville de Dawson a été la capitale du territoire jusqu’en 1953 et était le centre de la ruée vers l’or du Klondike. Pendant un moment, elle a été la plus grosse ville au nord de Seattle et à l’ouest de Winnipeg. La troisième plus grosse communauté du Yukon est Watson Lake (population 802, recens. 2011), laquelle est située sur le territoire traditionnel des Dénés Kaskas de la Première nation de Liard. La communauté sert de centre de service pour le sud-est du Yukon. Faro se trouve au centre du Yukon et compte une des plus grosses mines de plomb-zinc au monde. Depuis la fermeture de la mine en 1998, le paysage accidenté de la région de Campbell dans laquelle la ville est située, attire aujourd’hui artistes et touristes.

Main-d’œuvre

En 2012, le taux de chômage annuel au Yukon est de 6,9 % comparé au taux national de 7,2 %. Les Yukonnais étaient employés en plus grand nombre dans les secteurs suivants de l’industrie : l’administration publique, vient ensuite le commerce de détail, la construction et l’hébergement et la restauration. L’emploi au Yukon étant saisonnier dans plusieurs secteurs, ce qui a pour conséquence d’occasionner la migration de la main-d’œuvre. Reconnaissant les besoins à court terme du marché du travail au Yukon, le gouvernement provincial a instauré des programmes pour faciliter le recrutement de main-d’œuvre parmi les immigrants et les travailleurs étrangers.

Langue et groupes ethniques

La majorité de la population du Yukon est constituée de gens de descendance européenne. En 2011, 74 % de la population du territoire est d’origine européenne dont les groupes suivants comptent parmi les plus grands : les Anglais, les Écossais, les Irlandais et les Allemands. Les Autochtones comptent pour 24 % de la population. La population yukonnaise est surtout anglophone, cependant des groupes importants parlent le français, des langues autochtones, l’allemand, l’espagnol et le tagalog.

Religion

En 2011, 50 % de la population du Yukon considèrent n’avoir aucune appartenance religieuse. Les dénominations chrétiennes représentent 46 % de la population, suivies de la spiritualité autochtone traditionnelle avec 1 %.

Historique

Colonisation autochtone

Quoiqu’il soit une des parties les plus jeunes du Canada en terme de peuplement européen, le Yukon (avec l’Alaska) est la partie la plus vieille ayant été habitée de façon continue en Amérique du Nord. Les premiers habitants humains sont arrivés par un pont de terre traversant le détroit de Béring depuis l’Asie. Toutefois, la date où cela s’est produit suscite beaucoup de débats parmi les archéologues. Les sites archéologiques dans le bassin d’Old Crow au nord du territoire situent l’arrivée des humains aussi loin que 10 000 ans avant notre ère et peut-être même avant.

La majorité des Autochtones du Yukon appartiennent au groupe linguistique Na-Dene. Celui-ci comprenait les Nahannis de l’Est (qui comprennent les groupes des Kaskas, de la Chèvre et des Montagnards) et plusieurs autres groupes du Sud et de l’Ouest (Teslin, Tutchones et Tagish). Les interactions étroites qu’amènent le troc et les mariages entre les Tutchones et les tribus tlingit de la côte dans le Sud-Ouest ont fait en sorte que la langue et la culture tutchone ont subi une forte influence et même de la domination de la part de la culture tlingit. Au centre et dans le nord du Yukon, les Gwich'in occupaient le bassin du fleuve Yukon en aval de l’embouchure de la rivière Pelly, y compris la région de la rivière Porcupine au nord et le bassin de la rivière Peel au nord-est. Les frontières géographiques et linguistiques entre les différents groupes sont fluides et se fondent, de façon générale, les unes dans les autres. Ainsi, ces divisions en différents groupes sont quelque peu arbitraires. En tant que chasseurs-cueilleurs, les Autochtones du Yukon dépendaient du poisson, plus précisément du saumon et du gros gibier comme le caribou, se tournant vers du plus petit gibier de même que vers les racines et les baies en cas de nécessité.

Dans le Grand Nord, les Inuits se distinguent aux niveaux culturel et linguistique par rapport aux Autochtones du Yukon. Vivant sur le versant arctique dénué d’arbres, ils ont, selon la tradition, dépendu du poisson et des mammifères marins.

Voir Démographie et Peuples autochtones.

Exploration

Les Autochtones du Yukon ont ressenti l’influence des Européens même avant qu’ils ne soient en contact avec eux. En 1740, des nouvelles de l’arrivée d’explorateurs russes dans le nord-ouest du Pacifique et d’explorateurs britanniques dans les années 1770 se répandent rapidement par les réseaux de troc préexistants. La présence des Européens a transformé ces réseaux traditionnels alors que ceux-ci déménageaient pour acquérir une meilleure position au sein des échanges grandissants avec les Européens. Avec les marchandises fabriquées par les Européens, des maladies comme la variole se sont répandues à l’intérieur des terres avant même l’arrivée des Européens, dévastant les populations autochtones.

Ce sont les commerçants de fourrures de la Compagnie de la Baie d’Hudson qui établissent les premiers contacts durables dans les années 1840. Ils se servent de cartes et de renseignements transmis par les premiers explorateurs, dont sir John Franklin, qui a atteint la côte arctique du Yukon en 1825. Pour sa part, Robert Campbell pénètre plus à l’ouest à partir du fleuve Mackenzie en empruntant le cours supérieur de la Liard pour déboucher sur la rivière Pelly. Quant à John Bell, il explore l’intérieur du Yukon en passant par la Porcupine. Les commerçants de l’intérieur et les chasseurs de baleine de la côte nord sont suivis de missionnaires et de la Police montée du Nord-Ouest dans des endroits comme Fort Selkirk et l’île Herschel.

Colonisation européenne

À la fin du XIXe siècle, des chercheurs d’or en nombre croissant envahissent progressivement le Nord à partir des montagnes Cassiar et de la chaîne Omineca, dans le Nord de la Colombie-Britannique. Ils traversent le bassin hydrographique du fleuve Yukon en suivant les diverses rivières. Certains pénètrent dans les terres à partir de la mer de Béring, en remontant le fleuve Yukon en bateau à aube depuis son embouchure.

Plusieurs centres d’exploitation aurifère voient le jour, souvent pour une brève période, comme Forty Mile, située presque à cheval sur la frontière de l’Alaska. C’est cependant lorsque George Carmack, Skookum Jim et Tagish Charley découvrent de l’or dans le ruisseau Bonanza, un affluent de la rivière Klondike, le 17 août 1896, ce qui a été à l’origine de ce qui deviendrait l’apogée d’une série de ruées vers l’or dans l’ouest de l’Amérique du Nord remontant à la ruée vers l’or de la Californie en 1849. Bien qu’il y ait eu une plus grande quantité d’or en Californie, l’or était concentré dans une zone plus limitée au Yukon. Cela signifiait que les titres miniers individuels pouvaient avoir une grande valeur. Par exemple, trois prospecteurs ont réussi à récupérer de l’or valant plus d’une année de salaire après avoir fait un lavage à la batée pendant quelques minutes. De ce fait, des milliers de nouveaux venus affluent dans ce coin du Canada jusque-là isolé et transforment définitivement le territoire.

La plupart des chercheurs d’or viennent en passant par Skagway et par le haut du fleuve Yukon. Certains essaient la « route terrestre » qui part d’Edmonton et longe la rivière de la Paix et le fleuve Mackenzie, mais peu arrivent à destination. D’autres cherchent une route exclusivement américaine et passent par Valdez, en Alaska, espérant éviter la réglementation du gouvernement canadien.

Dawson naît du besoin de desservir cette vague d’arrivants, au confluent du fleuve Yukon et de la rivière Klondike, la prospection véritable s’effectuant un peu plus haut dans les petits ruisseaux. Un homme qui avait acheté en 1896 une terre à Dawson pour 10 $ par acre pouvait bientôt vendre des lots à 1000 $ chacun. En un mois Dawson devient la plus grande ville canadienne à l’ouest de Winnipeg et se dote d’un éventail complet de services, y compris l’eau, les égouts, l’électricité et le téléphone. En juin 1898, le Yukon devient un territoire distinct et on désigne Dawson comme étant sa capitale. Whitehorse quant à elle est désignée comme le point où avaient lieu les transbordements entre les trains et les bateaux, mais Dawson reste le plus important centre. Pour maintenir l’ordre, éviter l’anarchie typique des villes frontalières aux États-Unis et aussi pour asseoir la souveraineté canadienne, le gouvernement canadien augmente de 19 en 1896 à 285 à la fin de 1898 et éventuellement à plus de 300 la présence de la Police montée du Nord-Ouest au Yukon. Pour le rôle qu’il a joué dans le commandement de la PCN-O et dans le maintien de la loi et l’ordre, sir Sam Steele a acquis le stade de figure mythique dans la conscience canadienne. (Voir aussi Le Yukon et la Confédération.)

Entre 1897 et 1899, 29 millions de dollars (chiffres non ajustés) en or sont récupérés de la région. D’ici 1906 toutefois, les mines Placer les plus facilement praticables étaient terminées, laissant des titres miniers qui doivent être exploités par de grosses compagnies qui utilisent des dragues coûteuses. La population de Dawson à commencer à décliner presque tout de suite après que ceux qui cherchaient à faire de l’argent vite fait aient été découragés et aient été attirés par l’écho de la découverte d’or ailleurs.

Croissance

À partir de 1913, l’économie du Yukon ne repose plus sur l’or, mais sur les autres minéraux, au moment où l’on commence à produire de l’argent et du plomb à la première mine en roche dure, à Keno Hill, dans le centre du Yukon. L’emplacement éloigné et le paysage accidenté du Yukon de même que le marché mondial volatil des minéraux entrave le développement et empêche la stabilité dans l’industrie minière. Le Yukon contribue avec plusieurs centaines d’hommes à l’effort de guerre canadien durant la Première Guerre mondiale, et ce, malgré une population d’environ 7000 habitants en 1914. L’exode de tant d’hommes a eu un effet dévastateur sur l’économie du territoire, causant des pénuries de main-d’œuvre et forçant des mines à restreindre leurs opérations. Comme il n’existe aucune autre industrie, le prix élevé des fourrures fait du trappage une activité saisonnière importante entre les deux guerres pour les Autochtones et les prospecteurs. Le commerce de la fourrure a aussi aidé à créer une industrie touristique naissante attirant de riches chasseurs de gros gibier.

Pendant la Deuxième Guerre mondiale, le Yukon et l’Alaska semblent, selon les gouvernements canadien et américain, vulnérables à l’invasion japonaise. Ceci a amené la construction de la route de l’Alaska, du pipeline Canol et de meilleures infrastructures routières comme moyen d’étayer les défenses de la région. Ces projets controversés encouragent de nouvelles activités d’exploration minière et attirent une nouvelle population, des services, des industries et des touristes au Yukon. La construction de la route du Yukon entraîne l’établissement d’une population non autochtone qui, pour la première fois, dépasse la population autochtone. Le transfert du statut de capitale de Dawson à Whitehorse, annoncé en 1951, a lieu en 1953. En 1957, on construit à Whitehorse une importante centrale hydroélectrique.

L’ampleur du développement économique de l’après-guerre réside dans la fondation, en 1969, d’une immense mine de plomb et de zinc à ciel ouvert et de la petite ville de Faro. Les bas prix des métaux et la récession économique du milieu des années 1980 mènent à la fermeture de mines partout au Yukon, de sorte que le gouvernement doit accroître ses efforts en vue de renforcer d’autres secteurs économiques, tels le tourisme et les ressources renouvelables.

Économie

L’exploitation des ressources primaires constitue depuis toujours le fondement de l’économie yukonnaise. Les fourrures, le premier produit de base commercialisé, sont toujours exploitées et exportées. Bien qu’elle ait perdu de son importance pour l’économie globale, la chasse aux animaux à fourrure demeure une source de revenus essentielle. Durant une période brève mais mouvementée, au début du siècle, l’île Herschel, seul port abrité des côtes arctiques du Yukon, est le siège d’une activité intense de chasse à la baleine.

L’économie du Yukon est très sensible aux fluctuations du secteur minier. Par exemple, en 1980, toutes les mines les plus importantes du Yukon ferment en raison de marchés mondiaux déprimés, ce qui se traduit par une crise économique majeure et une baisse démographique.

Agriculture

Les activités agricoles sont considérables à l’époque de la ruée vers l’or, mais elles deviennent maintenant négligeables à cause des coûts élevés par rapport aux profits, de la pauvreté des sols, de la rigueur du climat, du relief du terrain et de l’amélioration des transports qui permet de réduire les coûts des produits agricoles importés. Toutefois, l’agriculture connaît une croissance lente grâce aux nouvelles technologies et à une politique gouvernementale favorable. Quoique cela demeure un secteur marginal, le gouvernement du Yukon a encouragé l’agriculture comme moyen de diversifier l’économie du territoire.

Mines

L’exploitation des placers constitue le pilier de l’économie du Yukon depuis l’époque de la ruée vers l’or du Klondike jusqu’à l’époque de l’exploitation des mines d’argent et de plomb dans la région de Keno Hill au début des années 1920. Après la Deuxième Guerre mondiale, la production d’or placérien diminue, laissant l’argent et le plomb comme ressources principales. Dans les années 1960 et 1970, plusieurs nouvelles mines sont mises en exploitation, et le zinc, le plomb, le cuivre, l’argent et l’amiante deviennent les productions dominantes.

À la fin des années 1970 et au début des années 1980, après la fermeture des mines d’amiante et de métaux communs et les hausses du prix de l’or, l’exploitation des placers connaît un regain d’intérêt, et deux petites mines d’or en roche dure sont actives pendant quelque temps. Depuis le début du siècle, on produit aussi, de façon intermittente, de faibles quantités de charbon.

Aujourd’hui, les principales productions sont le zinc, le plomb et l’argent, mais l’or placérien demeure important. Le Yukon renferme plusieurs grands gisements minéraux, et de nouvelles mines sont en phase de préparation, ce qui devrait augmenter la production de cuivre, d’or en roche dure et d’argent au cours des prochaines années. En 2013-2014, il y a aujourd’hui trois mines sont en exploitation et deux nouvelles mines ouvriront, toutes deux dans le district de Keno Hill.

Énergie

En 1987, le gouvernement du Yukon transfère ses avoirs dans la Commission d’énergie du Nord canadien à la Yukon Energy Corp, une société d’État. Les principales installations hydroélectriques se trouvent aux rapides Whitehorse et sur les rivières Aishihik et Mayo. En 1993, l’Accord Canada-Yukon sur le pétrole et le gaz fait passer du gouvernement fédéral au gouvernement territorial la responsabilité et la gestion des ressources infracôtières en pétrole et en gaz. Bien que le territoire abrite des ressources potentielles de pétrole et de gaz, le développement reste à ce jour limité.

Il y a quatre centrales hydroélectriques au Yukon. Elles sont situées à Aishihi, Whitehorse, Mayo et Fish Lake. En 2009, l’énergie hydroélectrique a produit 94 % de toute l’électricité du Yukon. Le paysage montagneux du territoire représente de nombreuses possibilités de développement d’énergie électrique même si les conditions météorologiques ne facilitent pas ce processus.

Foresterie

L’exploitation forestière est limitée mais, depuis quelque temps, le gouvernement du Yukon fait la promotion de cette industrie afin de diversifier l’économie. Tandis qu’une grande partie du territoire est située sous la limite forestière, seulement 81 000 km2 peut supporter des activités d’exploitation. En comparaison, en 2010, la Colombie-Britannique a exploité plus de 168 000 hectares de forêt tandis que le Yukon n’en a exploité que 300. Au Yukon, l’industrie forestière est dominée par de petits opérateurs qui extraient le bois pour des matériaux de construction, des maisons en rondins et du bois de chauffage.

Pêches

Le Yukon compte quatre espèces de corégone, cinq espèces de saumon et neuf poissons sportifs différents. Les pêcheries commerciales élèvent le saumon, le touladi et le corégone pour la consommation locale. La pêche de subsistance demeure importante pour plusieurs communautés autochtones. La passe migratoire et l’écloserie des rapides de Whitehorse protègent la plus longue migration de saumon quinnat au monde. Leur migration annuelle est une attraction touristique populaire.

Industrie

Le secteur manufacturier contribue sans cesse davantage à l’économie territoriale. Parmi les produits de fabrication locale, on trouve le mobilier, les fenêtres en vinyle, les armatures de poutres, les articles imprimés, le chocolat, les vêtements, les produits artisanaux et les bijoux en pépites d’or.

Au cours des dernières années, la production commerciale dans les secteurs des ressources renouvelables augmente considérablement en sylviculture, en agriculture, ainsi que dans les secteurs de la pêche, du trappage et de la chasse sportive. La pêche et la chasse de subsistance, pratiquées surtout par les Autochtones, constituent des activités économiques cruciales, surtout dans les plus petites communautés rurales.

Tourisme

Le tourisme est la pierre angulaire de l’économie du Yukon et le plus important des employeurs du secteur privé. C’est une industrie en grande partie saisonnière. Avec l’aide gouvernementale, le tourisme soutient l’économie du Yukon durant les récents ralentissements du secteur minier. L’histoire colorée de la ruée vers l’or du Yukon, son patrimoine autochtone, ses paysages pittoresques et les attraits de sa nature sauvage attirent les visiteurs.

En 1998, les services des parcs nationaux canadien et américain ont commémoré le 100e anniversaire de la ruée vers l’or en créant le parc historique international de la ruée vers l’or du Klondike, qui comprend la piste Chilkoot traversant les montagnes du Sud-Ouest à partir de Skagway, en Alaska. Des célébrations centenaires en souvenir du Klondike, de même que des infrastructures de transport améliorées ont grandement contribué à accroître le nombre visiteurs dans le territoire.

Tout au long de l’année, le Yukon est l’hôte de nombreux festivals qui célèbrent le paysage accidenté, les arts et l’histoire du territoire. Whitehorse organise chaque année une fête hivernale appellée le « Sourdough Rendez-vous » qui célèbre son 50e anniversaire en 2014. Dawson célèbre le Jour de la Découverte de même que le Festival international du court métrage. Le Territoire accueille également les jeux d’hiver de l’Arctique tous les six ans. L’isolement du Yukon et la variété de son gros gibier constituent un attrait important pour les chasseurs. Les chasseurs non résidents doivent requérir aux services d’un guide de chasse enregistré. D’autres services touristiques et des installations de camping sont disponibles le long des routes yukonnaises. Les parcs nationaux incluent Kluane, Vuntut et Ivvavik. La culture et l’histoire des peuples autochtones du Yukon sont mises en valeur dans les festivals, les galeries et les sites patrimoniaux.

Durant le solstice d’été, la lumière du jour est presque constante au Yukon. Il est connu comme étant « la terre du soleil de minuit. » Un autre phénomène naturel et importante attraction touristique est les aurores boréales qui sont visibles à l’automne et au printemps quand les particules gazeuses de l’atmosphère terrestre et les particules chargées provenant du soleil sont le plus actives. Le Yukon avec le Nunavut et les Territoires du Nord-Ouest représente le meilleur endroit pour voir ces lumières éblouissantes en raison de la proximité du pôle magnétique et du manque de pollution lumineuse.

Transports

Le transport au Yukon repose sur le réseau hydrographique du fleuve Yukon jusqu’au moment de la construction de la route de l’Alaska, pendant la Deuxième Guerre mondiale (la route a ouvert en 1948). Les bateaux à vapeur et à une roue, de faible tirant d’eau, offrent un service saisonnier depuis l’époque de la ruée vers l’or. La principale route se situe entre Dawson et Whitehorse, où les rapides font de cette dernière le point le plus en amont de la rivière.

Hors saison, les déplacements se limitent au traîneau et à la voiture-coach. Le White Pass and Yukon Route Railway, un chemin de fer à voie étroite, est construit sur 175 km depuis son accès à la mer à Skagway, en Alaska, traversant le relief accidenté de la chaîne Côtière pour aboutir à Whitehorse. Il est quasi indispensable à l’exportation de minéraux du Territoire jusqu’à sa mise au rancart en 1982.

Le réseau des transports et la répartition géographique de la population se transforment radicalement pendant la Deuxième Guerre mondiale. La route de l’Alaska, qui relie Dawson Creek, en Colombie-Britannique, et Fairbanks, en Alaska, est construite en 1942 et parcourt 1014 km, passant par Watson Lake et Whitehorse.

En 1978, l’inauguration du chemin Haines, venant de Carcross à Whitehorse, procure au Territoire son premier accès routier au Pacifique, à Skagway, en Alaska. Depuis 1979, la route de Dempster relie Dawson et Inuvik, dans les Territoires du Nord-Ouest. D’abord conçue dans le cadre du programme gouvernemental de « chemins d’accès aux ressources », la route de Dempster contribue à réduire les coûts dans la région du delta du Mackenzie et encourage le tourisme.

De nouvelles installations aéroportuaires sont construites dans le Sud du Territoire pendant la Deuxième Guerre mondiale, dans le cadre de la route à relais du Nord-Ouest, qui relie les États-Unis et l’Alaska. La plupart des localités, y compris Old Crow, dans le Nord, disposent maintenant d’aéroports et de pistes d’atterrissage. L’aéroport de Whitehorse est construit en 1985 et assure des liaisons quotidiennes et par vols nolisés avec l’Alaska, le Sud du Canada (en passant par Vancouver et Edmonton) et les 48 États « du Sud des États-Unis ». En 2008, l’aéroport prend de l’expansion et est rebaptisé en l’honneur d’un membre du Parlement, Erik Nielsen (Aéroport international Erik Nielsen de Whitehorse) en décembre 2008.

D’éventuels pipelines qui transporteraient par voie terrestre le gaz du Nord de l’Alaska aux États-Unis traverseraient inévitablement le Yukon. Le projet de construction du gazoduc de la route de l’Alaska, proposé à la fin des années 1970, est mis sur les tablettes en raison des pressions politiques exercées aux États-Unis, des revendications territoriales des Autochtones, de l’impact du projet sur l’environnement et de ses coûts élevés (voir Pipeline de la vallée du Mackenzie).

Administration et politique

Gouvernement territorial

Le Yukon se dirige vers le gouvernement territorial avant les Territoires du Nord-Ouest. L’Acte du territoire du Yukon (1898) a fait de la région une entité géographique et politique distincte appartenant à la Fédération canadienne. Cette législation a créé un gouvernement territorial gouverné par un commissaire nommé par le gouvernement fédéral sous qui se trouvait ensuite le ministre de l’Intérieur de même qu’un conseil nommé de pas plus de six membres. James Morrow Walsh est le premier commissaire en 1897 et a été succédé par William Ogilvie, arpenteur-géomètre, un an plus tard.

En 1908, un conseil composé uniquement de membres élus au nombre de dix est établi. Le déclin de la population a eu pour effet d’entraîner l’abolition du conseil et du bureau du commissaire en 1918. Devant les protestations locales, il a été rétabli en 1919, mais juste avec un conseil à trois membres élus avec des pouvoirs réduits. La situation demeure inchangée jusqu’à la fin de la Deuxième Guerre mondiale, lorsque la population s’accroît. En 1948, des mesures légales sont prises pour nommer à nouveau un commissaire comme principal administrateur du Yukon et plusieurs autres responsables territoriaux. En 1951, le Conseil augmente à cinq membres élus, et des ajouts subséquents portent ce nombre à 17.

De 1970 à 1979, le commissaire, nommé par Ottawa, préside un comité exécutif composé d’abord de membres nommés et de représentants de l’Assemblée législative (l’ancien conseil) puis, aux derniers stades, du commissaire adjoint et de cinq membres élus provenant de l’Assemblée législative. En 1979, un conseil exécutif de cinq membres élus réunis en Cabinet se substitue à l’ancien comité exécutif. Ce conseil doit maintenant rendre compte au chef du gouvernement plutôt qu’au commissaire. La politique partisane est introduite à l’Assemblée du Yukon pour la première fois en 1978 avec la responsabilité de gérer les élections. L’électorat yukonnais a le choix entre trois partis : le Parti du Yukon (aujourd’hui le Parti progressiste-conservateur du Yukon), le Nouveau Parti démocratique et les libéraux du Yukon. À l’exception d’une victoire libérale en 2000, le pouvoir a été partagé entre les conservateurs et le NPD. Le Parti du Yukon est le parti dominant sur le territoire.

De 1898 à 1979, le commissaire avait l’autorité du chef du gouvernement de même que celle de chef d’État. Autrement dit, le commissaire servait à la fois de premier ministre et de lieutenant-gouverneur du Yukon. Les devoirs du commissionnaire ressemblent maintenant beaucoup à celles d’un lieutenant-gouverneur provincial et il est responsable de sanctionner des projets de loi, de nommer les membres du cabinet et de représenter le territoire à des événements protocolaires. Voir Chefs du gouvernement yukonnais; Commissionnaires, Commissaires de l’or et Contrôleurs du Yukon.

Il y a deux enjeux politiques principaux pour le Yukon : les revendications territoriales des Autochtones et le statut de province. Les Premières nations du Yukon n’ont jamais signé de traité avec le gouvernement fédéral. Le Conseil des Indiens du Yukon (aujourd’hui le Conseil des Premières nations du Yukon) a défendu avec insistance le dossier depuis les années 1970 afin d’obtenir un règlement des revendications territoriales qui inclurait l’aide financière du gouvernement fédéral. En 1993, un accord-cadre définitif entre le gouvernement fédéral et les gouvernements territoriaux et le Conseil a établi un cadre de référence pour finaliser le règlement des revendications territoriales. L’accord-cadre définitif incluait aussi des ententes d’autonomie gouvernementale, ce qui donnait aux groupes des Premières nations plus de contrôle sur l’utilisation du territoire et une plus grande autorité dans des secteurs comme : la langue, les soins de santé, les programmes sociaux et l’éducation. Chaque gouvernement des Premières nations est responsable de : la législation, la planification de l’utilisation du territoire, la pêche et la faune, la foresterie, l’hydrographie, les ressources non renouvelables et les ressources patrimoniales. En 2008, 11 des 14 groupes des Premières nations du Yukon avaient conclu des ententes de revendications territoriales avec le gouvernement du Canada.

Le statut de province était un enjeu au Lac Meech et durant les négociations constitutionnelles de Charlottetown. Lorsque les Territoires furent créés, ils n’avaient pas les mêmes pouvoirs que les provinces. Dans les années 1960, le Yukon est devenu responsable de l’éducation, des programmes sociaux, de la perception de l’impôt, de la plupart des routes et des services communautaires. Contrairement aux provinces, cependant, il n’a jusqu’à récemment aucun pouvoir sur les ressources naturelles, sauf en ce qui concerne la faune. Il verse à Ottawa des redevances sur le développement des ressources naturelles. Le processus de transfert des responsabilités a commencé en 1988. Depuis, les programmes de gestion des ressources, y compris ceux ayant trait aux forêts, aux mines et aux terres, ont été transférés du fédéral au gouvernement territorial. En octobre 2001, l’Entente sur le transfert des responsabilités a transféré au territoire la responsabilité des terres et des ressources. En 2003, une nouvelle Loi sur le Yukon complète le processus de transfert en ce qui a trait au territoire, à l’hydrographie et à la gestion des ressources.

Justice

La Cour territoriale du Yukon, située à Whitehorse, se compose d’un juge en chef et de trois juges territoriaux à temps plein. On compte aussi 12 juges associés en plusieurs endroits du Territoire. Les deux juges de la Cour suprême du Yukon sont juges d’office dans les Territoires du Nord-Ouest, et vice versa. Ils sont aussi membres de la Cour d’appel dans les deux territoires. Les autres juges de la Cour suprême sont choisis parmi diverses cours provinciales, et les autres membres de la Cour d’appel proviennent de la Cour d’appel de la Colombie-Britannique.

Représentation fédérale

À la différence des conseils des Territoires du Nord-Ouest de 1905 à 1967, les fonctionnaires nommés du Yukon étaient tous résidents sur le territoire. En 1902, un fonctionnaire élu a représenté les résidents du Yukon au Parlement et ce n’est qu’en 1975 que le territoire s’est vu représenté au Sénat (un sénateur). Ces chiffres sont encore représentatifs aujourd’hui. Par exemple, le Yukon a un député au Parlement et un sénateur qui le représente à Ottawa.

Administration municipale

Il y a officiellement au Yukon 8 municipalités avec 1 cité (Whitehorse), 3 villes (Dawson, Faro, Watson Lake), 4 villages (Mayo, Haines Junction, Teslin et Carmacks), trois hameaux (Elsa, Ibex Valley et Mount Lorne) et 25 localités non constituées (y compris des établissements autochtones).

Santé

On trouve des hôpitaux à Whitehorse, Mayo et Watson Lake. Le reste du Territoire est desservi par de plus petits centres de santé et des postes de soins infirmiers dont le personnel se compose surtout d’infirmières de la santé publique.

Éducation

En 2011-2012, le Yukon compte 28 écoles primaires et secondaires pour une population de 5027 élèves de la maternelle à la 12e année. L’administration est centralisée au sein du ministère de l’Éducation. Chaque école a un comité scolaire élu localement doté de pouvoirs consultatifs sur le plan de l’embauche et de l’évaluation du directeur, et de l’élaboration de règlements et de la planification à l’intérieur de l’école. Un comité scolaire donne aussi son avis sur l’horaire des autobus et le programme scolaire local. Selon la Loi sur l’éducation (1990), des provisions ont été faites afin de s’assurer que chaque école ait soit un conseil d’école ou un conseil scolaire. La Commission scolaire francophone du Yukon, CSFY est le seul organisme de la sorte sur le territoire. Un conseil scolaire a davantage de responsabilités en ce qui concerne le recrutement, les opérations et l’entretien.

Le programme d’études du Yukon s’inspire de celui de la Colombie-Britannique mais comporte des modifications pour répondre aux besoins du milieu. On offre aussi à l’École Émilie-Tremblay à Whitehorse des cours d’immersion en langue française, de la 1re année à la 12e année. Dans diverses localités, l’enseignement est offert dans sept langues autochtones différentes, et un conseil de l’éducation des premières nations coordonne les interventions des communautés autochtones dans les dossiers relatifs à l’éducation.

Whitehorse, et son réseau de 13 campus communautaires situés dans 12 localités assurent l’enseignement postsecondaire. Les étudiants peuvent faire deux années d’études universitaires au Collège du Yukon ou s’inscrire à des programmes spécialisés ou de métiers. En 2011-2012, le Collège a signalé que 5 700 étudiants s’étaient inscrits. En 2007, la Yukon School of Visual Arts (SOVA) s’établit à Dawson par la Arts Society de la ville, le Yukon College et Tr’ondek Hwech’in. Les étudiants finissent leur première année de baccalauréat en beaux-arts à ce collège accrédité et sont ensuite transférés dans un établissement partenaire pour compléter leur programme. Il existe aussi des programmes menant à un grade, proposés en collaboration avec d’autres institutions. Le baccalauréat en service social et le programme de formation des enseignants autochtones du Yukon, offerts avec l’Université de Regina, en sont deux exemples.

Vie culturelle

La vie culturelle du Yukon reflète les traditions uniques du Nord, lesquelles incluent les coutumes et les croyances des Autochtones, une communauté francophone active de même que des vestiges à la fois physiques et culturels de la ruée vers l’or du Klondike. Des écrivains de renom dont Pierre Berton (né à Whitehorse), Robert Service de même que Jack London considèrent le Yukon comme leur patrie.

Pour un territoire nordique et isolé, avec des municipalités peu organisées, le calendrier social du Yukon est rempli de festivals qui célèbrent l’histoire, les arts et le paysage à couper le souffle. Les objets d’art et d’artisanat autochtones foisonnent dans la vie culturelle du Yukon.

Patrimoine

La Commission des ressources patrimoniales du Yukon gère et préserve d’importants sites archéologiques, et prend part à des évaluations environnementales nécessaires à la planification et au développement. Leur mandat est de protéger les objets revêtant une importance historique et doivent aussi agir en tant que les gardiens des sites patrimoniaux dispersés sur le territoire. La Commission des ressources patrimoniales, créée en 1995, compte dix membres. Le Conseil des Premières nations du Yukon et le gouvernement du Yukon nomment chacun cinq membres qui siègent au conseil pour un mandat de trois ans.

Arts

Il y a une grande concentration d’artistes et d’art au Yukon avec le double de la moyenne nationale d’artistes par habitant. Le Conseil des arts du Yukon procure un soutien administratif aux organisations culturelles et finance un programme assurant la venue d’artistes dans les écoles et la tenue d’expositions d’art et de concerts annuels. Les archives et la bibliothèque territoriales sont situées à Whitehorse. La galerie d’art territoriale du nouveau centre des arts du Yukon, au Collège du Yukon, conserve une collection d’œuvres d’artistes du Yukon et d’ailleurs au Canada, en plus de présenter périodiquement des expositions locales et itinérantes.

Communications

Le Whitehorse Star est le quotidien basé à Whitehorse. Le Yukon News qui paraît toute les deux semaines de même que le bihebdomadaire L’Aurore boréale qui dessert les communautés Franco-Yukonnaises sont aussi publiés à Whitehorse. Le Klondike Sun est publié sur une base bihebdomadaire à Dawson. La ville est aussi dotée de trois stations radiophoniques (CBC, CHON-FM et CKRW) et d’une station de télévision.

Sites patrimoniaux

L’histoire des Autochtones du Yukon est représentée dans plusieurs sites patrimoniaux sur l’ensemble du territoire. Le Centre du patrimoine des Tlingit de Teslin situé dans le village de Teslin présente la vie quotidienne des Tlingit au moyen en utilisant l’art et les traditions culturelles. On peut trouver des sites abandonnés de traite des fourrures et d’activités minières de Fort Selkirk et Forty Mile, sur le fleuve Yukon. L’industrie de la chasse à la baleine boréale et, plus tard, la traite des fourrures, donnent lieu à des établissements dans l’île Herschel, sur la côte Nord. Cette région est désignée comme le premier parc territorial en 1987. Ivvavik, le premier parc national du Canada est situé au nord de Old Crow.

La Yukon Historical and Museums Association propose des visites guidées des édifices patrimoniaux de Whitehorse durant l’été et parraine différentes recherches, publications et programmes de conférences publiques. C’est l’organisation qui chapeaute les musées communautaires et les sociétés historiques du Yukon. Le Complexe-Historique-de-Dawson préserve 18 bâtiments à Dawson et dans les environs dans l’état où ils ont existé à l’époque de la ruée vers l’or du Klondike. Ce complexe a préservé les différents styles architecturaux passant de l’architecture pionnière de style « boomtown » en passant par le victorien et l’édouardien, qui prévalent durant cette période. Les poteaux de signalisation de Watson Lake, conçus à partir de 1943 par un militaire américain souffrant du mal du pays, permettent de reconstituer l’histoire de la construction de la route de l’Alaska. À Whitehorse, le MacBride Museum of Yukon History possède une collection de plus de 30 000 artefacts documentant l’histoire de l’endroit, des gens et de l’environnement naturel. En 2013, le musée a accueilli près de 25 000 visiteurs.