Trophée Félix

Trophée Félix. Prix créé en 1979 par l'ADISQ pour promouvoir l'industrie québécoise du disque et ses artistes. Le premier président de l'ADISQ, Gilles Talbot, lance l'idée d'un gala annuel parce que beaucoup d'artistes québécois ne sont pas satisfaits de leurs rares nominations aux Juno Awards.

Les premiers Félix sont décernés le 23 septembre 1979, à l'Expo-Théâtre de Montréal. Le gala est organisé par Guy Latraverse et télédiffusé sur les ondes de la SRC. Les trophées baptisés en l'honneur de Félix Leclerc sont alors au nombre de 28 et couvrent les principaux genres musicaux et tous les domaines de la réalisation de disques et de spectacles. Parmi les gagnants du premier gala figurent Claude Dubois, Serge Fiori et Richard Séguin.

Le Gala de l'ADISQ - Prix Félix se déroule tous les ans et gagne rapidement en popularité. Avec des cotes d'écoute à la télévision d'environ deux millions de téléspectateurs, le Gala de l'ADISQ - Prix Félix devient l'un des évènements spéciaux télévisés les plus regardés au Québec. Avec les activités de préparation du gala, l'ADISQ produit aussi des émissions spéciales pour Radio-Canada et ARTV pour mettre l'accent sur les nominations des artistes et faire connaître au grand public des musiciens de différents horizons musicaux. Les résultats de ces efforts promotionnels sont considérables et le gala produit un effet appréciable sur la popularité des artistes et les ventes de disques.

Le nombre et les catégories de prix évoluent au cours des années. Le gala télévisé récompense l'album le plus vendu de l'année ainsi que les meilleurs albums pop, pop-rock et rock. Parmi les autres catégories, nommons celles de l'auteur ou compositeur de l'année, de la chanson populaire de l'année, de l'interprète masculin de l'année et de l'interprète féminine de l'année, du groupe de l'année et de la révélation de l'année. Le meilleur spectacle de l'année est aussi récompensé dans les catégories auteur-compositeur-interprète, humour et interprète. Un autre prix est décerné à l'artiste québécois s'étant le plus illustré hors du Québec.

Beaucoup de trophées Félix sont donnés lors d'une cérémonie spéciale non-diffusée à la télévision qui précède le gala. Ces prix récompensent les albums de l'année dans les catégories suivantes : alternatif, classique (orchestre et grand ensemble), classique (soliste ou petit ensemble), country , folk contemporain, hip-hop, humour, jazz, jeunesse, musiques du monde, traditionnel, musique électronique ou techno, instrumental, et bande sonore originale. Des trophées sont aussi remis pour le vidéoclip de l'année ainsi que pour l'artiste québécois s'étant le plus illustré dans une langue autre que le français. Pendant la cérémonie, des prix sont aussi attribués pour l'excellence dans l'industrie du disque. On donne des trophées pour l'évènement, l'éditeur, équipe de promotion, l'équipe de relations de presse, la maison de disques, le producteur, le sonorisateur, la salle de spectacle, le chorégraphe, le concepteur d'éclairage, l'arrangeur, le distributeur, le site Internet et l'agence de spectacle de l'année, entre autres. Des trophées sont aussi remis pour la meilleure émission télévisée dans les catégories chanson et humour.

Contrairement aux Juno Awards, dont les mises en nomination dépendent des ventes de disques, les mises en nomination et l'attribution des Félix sont décidées par des jurys composés de membres de l'ADISQ, incluant des délégués de l'industrie du disque québécoise ainsi que les directeurs du magasine Le Palmarès. En 1989, l'ADISQ introduit un nouveau mode de scrutin populaire pour choisir le chanteur et la chanteuse préférés du public. Au nombre des principaux récipiendaires de Félix, on trouve Claude Dubois, Ginette Reno et Céline Dion.

Au début des années 1980, l'ADISQ réaménage la composition de ses jurys et fonde de plus en plus ses décisions sur des critères de qualité. En 1983, le parolier Luc Plamondon (chanson de l'année : « J't'aime comme un fou ») crée tout un émoi en profitant de sa présence au gala pour dénoncer, en présence des ministres québécois et canadiens, la Loi sur le droit d'auteur. En 1990, Céline Dion refuse publiquement le Félix de l'artiste anglophone de l'année, ne se considérant pas comme une artiste anglophone.