Dany Laferrière, né Windson Kléber, romancier, essayiste, poète et journaliste (né le 13 avril 1953 à Port-au-Prince, Haïti). Récipiendaire du Prix Médicis et premier Haïtien, Canadien et Québécois à être élu à l’Académie française, Laferrière s’est imposé comme l’un des grands chroniqueurs de l’expérience des immigrants et un des romanciers les plus subtils de sa génération.

Enfance et début de carrière

Lorsque son père, maire de Port-au-Prince et sous-secrétaire d’État au Commerce et à l’Industrie, part en exil, sa mère, qui craint des représailles, confie son fils de quatre ans à la grand-mère de celui-ci, à Petit-Goâve, au bord de la mer. Laferrière, qui grandit sous le régime de Duvalier, devient journaliste et chroniqueur radio puis immigre au Canada en 1978 après l’assassinat d’un collègue avec qui il collaborait sur une histoire. Cette nuit folle pendant laquelle il quitte son pays sans même en informer ses proches lui inspirera en l'an 2000 son roman Le cri des oiseaux fous.

Succès

Laferrière s'installe à Montréal où il occupe plusieurs emplois mal payés en usine tout en écrivant son premier roman, Comment faire l'amour avec un nègre sans se fatiguer (1985), qui remporte un succès commercial inattendu. Cet ouvrage semi-autobiographique, qui servira plus tard de trame à un long-métrage, raconte l'histoire d'un immigrant noir peu argenté qui est attiré par les femmes blanches. Laferrière émigre aux États-Unis en 1990 et partage aujourd’hui son temps entre Montréal et Miami.

D'autres romans suivent rapidement pour former une série qu'il baptisera son « autobiographie américaine » : Éroshima (1987), L'Odeur du café (prix Carbet de la Caraïbe, 1991), Le goût des jeunes filles (1992), Pays sans chapeau (1996), La chair du Maître (1997), Dans l'œil du cyclone (1999), Le cri des oiseaux fous (2000) et Vers le sud (2006). Il écrit également un recueil de poésie, Chronique de la dérive douce (1994) et un mémoire, Le charme des après-midi sans fin (1997).

Derniers romans

Le 21e apporte productivité et succès à Dany Laferrière. Il publie entre autres Je suis fatigué(2000), Je suis un écrivain japonais (2009) (gagnant du Grand Prix littéraire international Metropolis bleu, 2009), La fête des morts (2009), L’Énigme du retour (2009) (gagnant du Prix Médicis, 2009), Tout bouge autour de moi (2010), L’Art Presque perdu de ne rien faire (2011) et Journal d’un écrivain en pyjama (2013).

Livres pour enfants

Laferrière est également l’auteur de deux livres pour enfants. Je suis fou de Vava (2006), basé sur son livre An Aroma of Coffee (1993) et illustré par Frédéric Normandin, lui vaut le Prix du gouverneur général en 2006. La fête des morts, également illustré par Normandin, est sorti en 2009.

Scénarios

Laferrière a écrit les scénarios de Le Goût des jeunes filles (2004) et, peu de temps après, de Comment conquérir l'Amérique en une nuit (2004). Vers le sud (2005) est une adaptation par Laurent Cantet de trois courts récits de Laferrière; Laferrière est mentionné comme coauteur avec Cantet et Robert Campillo.

Intellectuel de la scène publique

Bien qu'en général, les critiques fassent l'éloge des écrits de Laferrière, ils sont moins enthousiasmés par sa façon de décrire les relations interraciales, le peuple noir et les femmes. Il défend son œuvre dans Cette grenade dans la main du jeune nègre est-elle une arme ou un fruit? (1993), J'écris comme je vis (2000) et Je suis fatigué (2000, rév. 2005). Laferrière publie également des conversations sur sa vie et son travail, notamment J’écris comme je vis (2010), avec Bernard Magnier, et Conversations avec Dany Laferrière (2010), avec Ghila Sroka.

Laferrière est à Haïti lors du tremblement de terre de 2010 et il relate cette expérience dans Tout bouge autour de moi. Il s’est par la suite consacré à corriger les conceptions erronées concernant Haïti et son histoire. Il reste actif sur la scène culturelle montréalaise et est souvent invité à partager son point de vue lors des discussions sur la littérature et l’immigration. Le 12 décembre 2013, Dany Laferrière est élu au premier tour de scrutin au fauteuil numéro deux de l’Académie française, devenant ainsi le premier Haïtien et le premier Canadien (et aussi le premier Québécois) à être ainsi honoré.