Si on demande au Canadien moyen de nommer une athlète canadienne célèbre, il mentionnera probablement Christine Sinclair, Kaillie Humphries, Clara Hughes, ou l'équipe de hockey olympique féminine, peut‑être. Toutefois, saviez‑vous que des Canadiennes pratiquaient le cyclisme de compétition à l'époque victorienne, ou qu'une équipe de basket‑ball féminine d'Edmonton a dominé ce sport durant les années 1920?

Malgré les réussites du passé, les femmes ont dû lutter afin de se consacrer aux sports et d'obtenir une reconnaissance pour leurs performances d'athlètes. La pratique féminine du sport est montée en flèche au cours des trois dernières décennies. Cependant, bon nombre de filles et de femmes font encore face à des obstacles et à la discrimination dans cet univers. Au début de l'ouvrage intitulé The Girl and the Game: A History of Women’s Sport in Canada (2002), l'historienne M. Ann Hall fait cette déclaration : « Lorsque les femmes adhèrent activement aux pratiques, aux institutions et aux symboles du sport, on ne prend pas toujours leurs activités au sérieux. Dans certains cas également, on ne les considère pas comme de vraies femmes. » Néanmoins, le monde des sports a certainement évolué tout au long de l'histoire. D'après un article paru en 1890 dans le Globe de Toronto, les femmes ne possédaient pas naturellement les attributs nécessaires à la pratique de sports exigeant des courses « violentes » : « Elle sait nager, elle sait danser, elle sait monter à cheval : ces gestes, elle peut les exécuter admirablement et avec aisance. Mais pour courir, la nature ne l'a sûrement pas créée. » Sans aucun doute, le rédacteur de cet article serait stupéfait par les exploits athlétiques de la coureuse de haies canadienne Perdita Felicien, ainsi que par le nombre et la nature des sports maintenant ouverts aux femmes. En plus de s'adonner aux sports traditionnellement considérés comme « féminins » (dont la natation, le golf et le tennis), les filles et les femmes jouent maintenant au hockey, au rugby et au soccer. En outre, elles pratiquent la lutte et la boxe, et ce, non seulement de niveau amateur, mais aussi aux Olympiques.