Letondal, Arthur (Joseph Auguste)

Arthur (Joseph Auguste) Letondal. Pianiste, organiste, professeur, musicographe (Montréal, 30 avril 1869 - 12 mai 1956). D.Mus. (Montréal) 1925. Après des études avec son père, Paul, l'obtention de son diplôme à l'AMQ (v. 1886) et quelques années d'enseignement au collège Sainte-Marie, il suivit le conseil que donnait Paul Letondal à ses élèves les plus doués et se rendit en Europe (1890-94). Au Cons. de Paris, il étudia le piano avec Antoine-François Marmontel et l'harmonie avec Antoine-Barthélémy Taudou. Attiré à Bruxelles par l'organiste Alphonse Mailly qu'il connaissait de réputation, il travailla sous sa direction au Cons. de Bruxelles (lauréat en 1893), tout en étudiant avec Édouard Samuel (harmonie), Arthur de Greef (piano) et Ferdinand-Hubert Kufferath (contrepoint et fugue). Ce dernier eut, avec Mailly, une profonde influence sur sa carrière d'organiste et d'accompagnateur grégorien. De retour à Montréal, il fut organiste à l'église des Pères du Saint-Sacrement (1894-1900), à l'église du Gesù (1900-23) où il succéda à Dominique Ducharme, puis à la cathédrale Saint-Jacques-le-Majeur (1923-49), à la suite de Romain-Octave Pelletier.

Tout comme celle de son père, sa carrière de pédagogue fut exceptionnelle : il enseigna notamment au cons. de la Société artistique canadienne (1895-1900), à l'Institut Nazareth (à partir de 1901), au McGill Cons. (1904-10) et surtout au CMM dès 1943. Il a formé plusieurs lauréats du Prix d'Europe dont Léo-Pol Morin (1912), Germaine Malépart (1917), Paul Doyon (1925), Alice Sainte-Marie (1926), Rita Savard (1927), Gilberte Martin (1930), Marcelle Martin (1941) et Clermont Pépin (1949). Il fut aussi le maître de Gabriel Cusson, Isabelle Delorme, de son cousin Henri Gagnon, de Lucien Jolicoeur, Jules Lamontagne, Conrad Letendre, Raoul Paquet, Éva Plouffe, Paul Pratt, Caroline Racicot, Émiliano Renaud, Georges-Émile Tanguay, etc. Membre de la Société des auteurs, compositeurs et éditeurs de musique (Paris), il fut aussi prés. de l'AMQ (1898-99, 1905-06, 1913-14, 1920-23) et prés. d'honneur de la Schola cantorum.

Comme compositeur, on lui doit des oeuvres pour piano dont Gavotte (Le Piano-Canada 1895); Trois pièces de genre (Hardy 1897), aussi orchestrées par J.-J. Gagnier; Mazurka sentimentale (L'Art musical 1899; PMC, vol. VI); Berceuse (Musica); Sarabande (Ditson); Danse Moyen Âge (Lavigueur et Hutchison) et des oeuvres pour orgue telles que Prélude grave (Édition belgo-canadienne 1924), Offertoire (ibid. 1925; enregistré en 1983 par Mervyn Games sur Savvy S-1001) et Toccata (J. Fischer; PMC, vol. IVb), ainsi que des chants religieux dont un Tantum ergo (PMC, vol. IX).

Arthur Letondal a donné de nombreuses conférences et signé des articles dans plusieurs publications. Son étude sur Calixa Lavallée (1919) parut dans L'Action française (octobre 1919), La Musique (février 1920) et Musique et musiciens (novembre 1952). Il écrivit également « Considérations générales sur l'éducation musicale au Canada » (L'Art musical, octobre 1896), « Un musicien oublié, Charles Waugh Sabatier » (L'Action nationale, octobre 1933), « Le Gesù... musical! » (Album annuel du collège Sainte-Marie, Montréal 1939) et « Ernest Gagnon, écrivain et folkloriste » (Qui?, mars 1951).

Voir aussi Henri Letondal, son fils.