En 1986, 107 000 personnes d'origine arabe vivaient au Canada. La première vague d'immigration (1882) n'amena que des Syriens et des Libanais qui, même dans les années 1970, formaient la majorité des Arabes canadiens. Au total cependant, 17 nations sont représentées. (Voir aussi Égypte, Liban, Syrie.) Les Arabes canadiens sont à la fois d'origine urbaine et rurale et regroupent des cols bleus et des cols blancs. La plupart d'entre eux se sont établis à Calgary, Edmonton, Montréal et Toronto.

Musique profane
À cause de la diversité des milieux, les musiques classique, folklorique et populaire commercialisées, dont l'attrait dépasse les origines purement régionales, constituent l'essentiel de la plupart des concerts publics organisés à l'intention de l'entière communauté arabo-canadienne. Pour de tels concerts, les musiciens comprennent généralement un chanteur soliste accompagné d'un oud (luth) et d'un darbukka (tambour). Le qânûn (cithare), le violon ou le ney (flûte) sont utilisés, s'ils sont disponibles. La formule habituelle d'un concert consiste en une suite ininterrompue de chants en solo de différents genres. L'auditoire danse invariablement le « dabkah » (danse folklorique libanaise) et frappe des mains sur les temps forts. Ces concerts peuvent inclure de la musique non arabe jouée par un ensemble « occidental ». Il est fréquent, toutefois, d'y voir figurer la danse du ventre exécutée par une artiste professionnelle ou par des membres de l'auditoire. La danse du ventre est devenue très en vogue et elle est pratiquée au Canada en dehors de la communauté arabe. Une institution importante pour la musique et la danse est le cabaret, dans lesquels se pratiquent les musiques urbaines et populaires ainsi que la danse du ventre. Les instruments comptent à présent l'orgue électrique et la guitare électrique. Le violoniste Michel el-Saf (décédé en 1991) était un des interprètes de cabaret les plus célèbres. Lors de réunions intimes (mariages, anniversaires, etc.), des chants folkloriques authentiques peuvent être interprétés, avec ou sans accompagnement, par des gens d'une localité particulière qui souhaitent partager un héritage commun. La musique arabe classique authentique est généralement au programme des concerts destinés aux Syriens canadiens et de ceux qui s'adressent aux auditoires canadiens. Le Classical Arabic Music Quintet de Toronto (Traditional Arab Music Ensemble depuis 1978), dirigé par George Sawa, est réputé pour ses interprétations de ce répertoire. À Montréal, B. Mobayed, J. Sarwa et G. Sawaya jouent respectivement du violon, du qânûn et de l'oud.

Musique sacrée

Les Arabes canadiens viennent d'une grande diversité de milieux religieux. Parmi eux se trouvent des musulmans, des juifs et des chrétiens des églises copte, syrienne orthodoxe, syrienne grecque orthodoxe (byzantine), grecque catholique, maronite, melchite et d'autres dénominations. Des musulmans d'origine libanaise érigèrent la première mosquée en Amérique du Nord à Edmonton en 1938.

La tradition du chant coranique dans la mosquée est demeurée intacte sous la supervision d'imams formés dans le milieu arabe et qui dirigent également, à l'occasion, le chant de la congrégation. Dans les églises chrétiennes, le chant est exécuté à la fois par le prêtre et le choeur tandis que l'assistance participe également au chant des hymnes. La musique sacrée de quelques églises (comme l'église syrienne grecque orthodoxe) montre un degré élevé d'acculturation par l'utilisation de l'orgue, de l'harmonie à quatre voix dans le chant choral et de la langue anglaise. Celle de certaines autres (comme les églises copte et syrienne orthodoxe) est demeurée à l'abri de l'influence occidentale, grâce surtout à la pérennité des langues d'origine.