Musique chorale

La musique chorale est interprétée par un groupe de chanteurs, appelé choeur ou chorale, comportant plus d'une personne par pupitre. On appelle « ensemble » un groupe où chaque partie est chantée par une seule personne. Un choeur peut être composé de voix de femmes, de voix d'hommes (incluant parfois des voix de garçons), ou de voix mixtes. Un choeur mixte comporte généralement quatre voix : soprano, alto, ténor et basse. Il existe un répertoire pour choeurs mixtes à huit voix (ou plus), où les sections sont divisées en premiers et deuxièmes sopranos, premiers et deuxièmes altos, premiers et deuxièmes ténors, barytons et basses, le terme « premier » indiquant un registre plus élevé. On ajoute parfois un déchant (mélodie d'ornement habituellement plus aiguë que celle du soprano) pour enrichir l'harmonie sans couvrir les voix.

La musique chorale est généralement écrite sur une partition, une portée par voix. La musique chorale peut être composée pour être chantée a cappella (sans accompagnement) ou accompagnée au piano, à l'orgue, par divers ensembles instrumentaux ou par un orchestre. Des solistes se joignent souvent au choeur, dans les opéras ou les oratorios, par exemple. Le style et la forme d'une composition chorale sont souvent indiqués par le terme qu'on y applique : hymne, choral, psaume, motet, cantate, madrigal, messe, passion, requiem, oratorio ou toutes sortes d'arrangements sur des textes profanes. L'interprétation de la musique chorale exige que le directeur obtienne un son homogène de la part des chanteurs. Cette homogénéité dépend de la production correcte d'un son de qualité uniforme ; d'une bonne intonation, qui dépend d'une bonne production du son ; ainsi que de la fusion et de l'équilibre des voix, qui à leur tour dépendent de l'intonation et du nombre de chanteurs par pupitre.

La première oeuvre de musique chorale composée ou arrangée au Canada est, croit-on, Le Grand Dieu Neptune dans le masque THÉÂTRE DE NEPTUNE EN LA NOUVELLE-FRANCE , de Marc LESCARBOT, joué à Port-Royal (14 novembre 1606). Pendant les 250 ans qui suivent l'oeuvre de Lescarbot, la seule musique chorale originale composée ou arrangée par des compositeurs canadiens à avoir subsisté a été retrouvée dans des recueils de musique sacrée. Par exemple, six hymnes et deux motets de J.P. Clarke se trouvent dans son Canadian Church Psalmody (1845). Celui-ci compose aussi un motet à huit voix, Arise, O Lord God, Forget Not the Poor (1846). J.-C. Brauneis compose une Messe (1835) pour choeur, violon, flûte, basse de viole, basson et orgue. Né à Québec, Brauneis est peut-être le premier Canadien à poursuivre son éducation musicale à l'étranger.

Antoine DESSANE, qui quitte la France en 1849 pour s'installer au Canada, compose quantité de musique sacrée. Joseph-Julien Perrault et Jean-Baptiste Labelle sont deux autres compositeurs de la fin du XIXe siècle. Dans la première moitié du XXe siècle, la musique chorale composée par les compositeurs nés au Canada est encore destinée à être chantée à l'église. Guillaume COUTURE , par exemple, écrit l'oratorio Jean le Précurseur (1909) et une messe de requiem, tandis que William Reed et A.S.VOGTcomposent un certain nombre de courtes pièces de musique chorale.

Les compositeurs anglais établis au Canada contribuent aussi à la musique chorale : Daniel before the King (1890), Festival Mass (1901) et A Coronation Mass (1902) de Charles A.E.HARRISS ; la cantate Ruth (1894) de Percival Illsley ; la cantate The Solitude of the Passion (1917) et Advent Cantata d'Albert Ham ; et diverses oeuvres d'Edward Broome. W.H. Anderson s'installe à Winnipeg (1910) et Alfred Whitehead, en Nouvelle-Écosse (1912), puis ils déménagent à Montréal. Tous deux sont des compositeurs prolifiques de musique sacrée et profane. HealeyWILLAN, compositeur déjà reconnu quand il s'installe au Canada (1913), laisse de la musique chorale remarquable qui influence grandement les oeuvres des autres compositeurs. Au Québec, ClaudeCHAMPAGNE exerce aussi une forte influence sur les jeunes compositeurs de sa province, bien qu'il compose peu de musique chorale. L'anthologie du Patrimoine Musical Canadien contient trois volumes de musique chorale composée avant 1946 : extraits d'oratorios, extraits de cantates et messes, respectivement.

Au milieu du XXe siècle, les compositeurs canadiens de musique chorale avaient commencé à écrire pour des chorales d'écoles primaires et secondaires, pour des choeurs laïques ou d'église, et pour une grande variété de sociétés chorales. Des catalogues de musique chorale canadienne, offerts par le CENTRE DE MUSIQUE CANADIENNE(CMC), énumèrent les compositions publiées ainsi que celles disponibles dans les bibliothèques du CMC. Dans ces catalogues, on trouve des compositeurs ayant écrit des oeuvres importantes, dont JeanPAPINEAU-COUTURE, Pierre MERCURE, Roger MATTON, Jacques HÉTU, Claude VIVIER, Otto JOACHIM, Kelsey Jones, Godfrey RIDOUT, Robert FLEMING, Ben Steinberg, Keith Bissell, John BECKWITH, Harry SOMERS, Harry FREEDMAN, Talivaldis Kenins, Oskar MORAWETZ, R. Murray SCHAFER, Clifford Ford, Violet ARCHER, Jean COULTHARD et Bernard Naylor.

HughBANCROFT, Milton Barnes, Leslie BELL, Lorne Betts, Wolfgang Bottenberg, Alexander BROTT, Barrie Cabena, F.C. Clarke, Lionel Daunais, Richard Eaton, William France, James Gayfer, Graham George, Irving GLICK, Frank Haworth, Derek Healey, Harry Hill, Derek Holman, Richard Johnston, Lothar Klein, Alfred Kunz, Quentin Maclean, sir Ernest MACMILLAN, Michael Miller, David Ouchterlony, Welford Russell, Robert Turner, Charles Wilson, John BECKWITH, Keith Bissell, Gabriel Cusson et Imant Raminsh ont aussi composé de la musique chorale, de moindre envergure, mais d'égale qualité.

C'est dans les églises que les choeurs naissent et se développent. Ces choeurs organisent souvent la présentation d'oratorios et parfois de concerts de musique sacrée et profane. Vers le milieu du XIXe siècle, divers types de sociétés chorales ont déjà vu le jour. Cet intérêt grandissant pour la musique chorale, associé à une grande qualité d'interprétation, atteint un haut niveau vers le début de la Première Guerre mondiale. Cet intérêt, cette énergie et cette excellence ne réapparaîtront qu'au début des années 70, sauf quelques exceptions comme le TORONTO MENDELSSOHN CHOIR, lesFESTIVAL SINGERS et la chorale Bach de Montréal.

De 1950 à 1970, les choeurs d'église bénévoles ne sont plus la principale source de musique chorale. De nombreuses écoles ajoutent la musique chorale à leur programme. Les écoles primaires et secondaires ainsi que les départements de musique des universités commencent à former d'excellents choeurs. Il en existe une grande variété partout au Canada : le Toronto Mendelssohn Choir, l'Arion Male Voice Choir de Victoria, le Mennonite Children's Choir de Winnipeg, l'Armdale Chorus d'Halifax, la chorale Bach de Montréal, l'Elgar Choir de la Colombie-Britannique, les Tudor Singers de Montréal, le Vancouver Chamber Choir, le Coro Canada d'Edmonton, l'Electra Women's Choir de Vancouver, les Elmer Iseler Singers de Toronto, Men of the Deeps du Cap-Breton, le Montreal Jubilation Gospel Choir, l'Ottawa Choral Society, le Phoenix Chamber Choir de Vancouver, le Studio de musique ancienne de Montréal, le Toronto Children's Chorus, les Vancouver Cantata Singers et le Winnipeg Male Voice Choir (dans les années 90, l'Armdale Chorus, la chorale Bach de Montréal, l'Elgar Choir et les Tudor Singers auront cessé leurs activités). La Société Radio-Canada donne aux choeurs l'occasion de chanter à des concours radiophoniques et à des émissions. À la fin des années 70, on assiste à la formation de fédérations de chorales provinciales et, en 1980, à la création de l'Association des chefs de choeurs canadiens.

Voir aussi MUSIQUE RELIGIEUSE.